Archives de catégorie : Humeurs

Pourquoi j’ai mis du temps à m’intéresser à la CAN 2019

Bientôt trois semaines que la 32e édition de la Coupe d’Afrique des Nations de football a commencé au pays des pyramides et des pharaons. Je n’ai commencé à m’y intéresser que cette semaine, et ça ne m’a pas réussi… 

Habituellement, lorsqu’il y a une compétition de football internationale (Coupe du monde, Ligue des champions européenne ou Coupe d’Afrique des Nations) je ne rate aucune occasion d’être au courant des nouvelles : calendrier des matchs, pays qualifiés, sélectionneurs, joueurs vedettes… Ce qui n’a pas du tout été le cas pour cette CAN égyptienne.

L’une des raisons principales est que le Togo, mon pays d’origine, n’est pas qualifié. Ensuite, j’ai décidé de ne plus soumettre mon corps à de fortes émotions parce que cela n’est pas à mon avantage. Mais puis-je échapper à cette forte ambiance plus que fiévreuse ? Hélas non…

D’abord le Ghana…

Lundi, j’ai « suivi » malgré moi le huitième de finale Ghana-Tunisie. Seulement la deuxième mi-temps en plus. Les cris montaient dans le quartier au moment où les Black Stars rataient une belle occasion. Ça me tentait tellement, comme un gâteau au chocolat interdit à une personne qui suit un régime pour maigrir… Je n’ai pas résisté. Je supportais évidemment le Ghana. Pourquoi le Ghana ? Parce que par ma mère, j’ai des origines ghanéennes. Et comme le dirait si bien un vieux dictateur africain décédé, lorsque la case de ton voisin brûle, cours vite l’aider à éteindre le feu… Donc le Ghana en compétition, c’est le Togo.

Ce fameux match, je l’ai suivi seulement en audio malgré la télévision allumée à quelques mètres de moi. C’est moins intense quand j’entends seulement, je ne juge pas les joueurs sur les actions posées ni sur les gestes manqués.

Finalement, ma déception a encore été plus grande face à l’échec du Ghana, vaincu aux tirs aux buts. J’avais pourtant juré que l’on ne m’y prendrait plus mais…

… et maintenant le Bénin !

A ce moment-là, je me disais qu’il restait encore un voisin du Togo en compétition, le Bénin. Et vous me voyez déjà afficher un sourire en coin. Entre les éperviers et les écureuils, c’est une longue histoire de désamour, qui mériterait bien un autre billet ! Mais le Sénégal l’a emporté 1-0 hier soir face au Bénin…

Résultat, je n’ai pas encore trouvé l’équipe que je dois supporter. Bonne chance aux équipes encore en compétition, en attendant pour moi de décider si je dois suivre le reste des matchs.

Un mouton récidiviste s’évade

Finalement, j’ai décidé de le faire. Je ne suis ni militante de la Société Protectrice des Animaux (SPA), ni membre du FBI (1) , du CSI (1) ou du SWAT (1) . Pourtant j’ai pris la ferme résolution (pas celle de l’ONU) de résoudre « Le mystère du mouton perdu du Cepd ».

Depuis quelques heures, la toile togolaise a pris feu avec « Le moutongate ». D’accord, je vous éclaire pour éviter que vous preniez des vessies de mouton pour des lanternes.

Par une brumeuse journée (normal, on est en pleine mousson), sous le ciel togolais, une épreuve de rédaction française tomba. Tel un poil (de mouton) dans la soupe des élèves du CM2 candidats au Cepd (examen de fin du cours primaire). Devrais-je dire que celui (je suis sûre que c’est un homme !) qui a composé l’épreuve avait certainement un poil dans la main ?

Voici le libellé de l’épreuve (photo ci-dessous).

Crédit photo : Source inconnue, vu sur whatsapp

Avant d’évoquer la thèse de l’introduction d’un loup (y a-t-il des loups sous nos cieux ???) dans la bergerie la maison, pour faire fuir le mouton, la première question que je me pose :

– Le père a-t-il prémédité la fuite du mouton en le « mal attachant » ?

Ensuite, le père connu pour être un abonné des séries policières américaines et ayant surpris à plusieurs reprises le fils en train de suivre en douce ces séries a-t- il voulu tester les qualités dissimulées  d’enquêteur dudit fils ??

En tout cas, s’ils avaient été disciples de Jésus, ces mioches (le fils et ses camarades) auraient eu la tâche allégée. Le Maître serait parti a la recherche du célébrissime mouton.

Malheureusement, les camarades du fils  du père (et pas le St Esprit), l’ont suivi comme des moutons de Panurge pour retrouver le fameux bestial.

A mon avis, cela aurait été plus simple pour ce père d’aller directement au marché de Gbossimé (marché de bestiaux à Lomé) pour acquérir un nouveau bovidé.

Aujourd’hui où il est vraiment possible de munir n’importe quel animal de GPS, je me demande bien pourquoi ce père inconscient n’en a pas fait usage ?

Il est même possible qu’en une semaine, M. Le mouton ait perdu du poids, n’étant plus habitué à être nourri. Il est rendu à l’état semi-sauvage. C’est de notoriété publique que de nos jours, trouver sa pitance quotidienne est un chemin de croix. Sa physionomie aurait changé. Et celui qui a dit « Quelle que soit la physionomie du mouton, la fête aura lieu » va s’en mordre les doigts. Ce mouton aura changé d’apparence et la fête est déjà à l’eau.

Quoiqu’il en soit, moi, j’accuse fortement ce père irresponsable et négligent de n’avoir pas devancé les événements. Un magnifique selfie du bovidé accompagné d’un audio, qui aurait été « mê tcha tchatcha » (2) aurait certainement facilité les recherches.

En attendant, rien n’est encore tout à fait perdu. En tout cas pas pour le mouton. Mais que dis-je ? Bon, passons. Si après toutes ces quêtes, le môme et ses compagnons ne retrouvent pas Shaun le mouton, alors le père peut appeler le 911, non on est au Togo, le 118. Les pompiers vont se casser un peu le c…. A moins que le mouton, ô mon cher mouton, n’ait atterri depuis dans la marmite d’un de mes concitoyens.

Shaun, le mouton. Crédit photo : Aardman Animations Ltd

J’ai sauté du coq au mouton, à l’âne.

PS : Avant la mise en ligne de ce billet, j’ai appris que le mouton n’en était pas à sa première évasion, d’où le titre. Il a été vu aux alentours de Kparatao (3), il a « zewa (4) »Lomé.

(1) FBI : Federal Bureau of Investigation, CSI : Crime Scene Investigation, SWAT : Special Weapons And Tactics : des unités de la police américaine.

(2) Mi mê : partagez, tcha tcha tcha : sur le champ, vite vite, en langue mina du sud Togo. Mi mê tcha tcha tcha, Slogan des adeptes des réseaux sociaux,  spécialistes des partages à tout va des posts, images et audios.

(3) Kparatao : Ville du nord Togo d’où est originaire l’opposant Tikpi Atchadam à l’origine des mouvements du 19 août 2017.

(4)Zewa : fuir, mot d’origine kabyè, ethnie du nord Togo.

 

On retient notre souffle pour le match Argentine-Nigeria

Les Super Eagles disputent leur dernier match de poule contre l’Argentine aujourd’hui à 18h TU. Notre souffle sera court. Un match de football n’est jamais un problème de mathématiques, tous les retournements de situation sont possibles. Trois équipes africaines ont déjà fait leurs valises : le Maroc, la Tunisie et l’Egypte. Mais les compagnons de John Mikel Obi sont encore dans la place.

Crédit photos : www.lesvoyagesenballon.fr / Stefan Heunis

A la différence des autres continents, l’Afrique est souvent derrière ses équipes. Ces dernières, loin de porter sur leurs épaules l’espoir de leur seul pays, portent aussi l’espoir d’un continent, en tout cas celui des Africains amoureux du ballon rond. A ce moment de la compétition, il n’y a plus de frontière : qu’on soit Ghanéen, Togolais, Camerounais, Kenyan ou Sud-Africain, tous les regards et les espérances sont tournés vers les poulains de Gernot Rohr.

Après leur prestation décevante face à la Croatie et la revanche prise contre l’Islande, l’exploit de la victoire est possible contre les compères de Léo Messi.

Victor Moses, l’attaquant de Chelsea FC, doit faire éclore tout son talent, ainsi que Ahmed Musa, le double auteur contre l’Islande. Les Super Eagles doivent survoler la défense argentine qui comptera certainement sur les talents de Javier Mascherano, Marcos Acuna ou Gabriel Mercado  pour lui faire barrage.

Au compteur, la rencontre de ce soir sera la 6e confrontation entre l’Albiceste et les Super Eagles, avec 3 victoires pour l’Argentine et 2 pour le Nigeria. Une victoire des Super Eagles égalisera la balance. J’attends une excellente prestation des Nigérians, qui me fera hurler de joie et péter mes cordes vocales…

Et cette chanson sera la prophétie réalisée pour les argentins.

Si les Super Eagles échouent à se qualifier, il ne restera plus que le Sénégal pour espérer voir une équipe africaine en huitièmes de finale.

Top départ pour la Coupe du Monde de Football 2018

Plus que 48 heures avant le début de la grande messe mondiale du football. Cette discipline sportive a une place importante dans  le cœur de beaucoup de terriens. La coupe du monde ? Un événement sportif qui a lieu tous les 4 ans au milieu de l’année. Sauf pour 2022, chaleur du Qatar oblige, nous suivrons les matchs entre le 21 novembre et le 18 décembre. Mais cette année, les équipes du monde entier poseront leurs valises au pays des Soviets, de Lénine, Staline, Gorbatchev… et Poutine.

Credit photo : pixabay.com
Crédit photo : pixabay.com

Depuis quelques années, je ne m’intéresse plus tellement au football afin d’éviter de mourir d’un accident vasculaire cérébral(AVC) en cas de défaite de mon équipe fétiche. Parent, je ne veux pas laisser mes enfants orphelins. Ma passion a également diminué à cause des sempiternels déboires de notre équipe nationale : les Éperviers du Togo. Pour toutes ces raisons, j’ai préféré ranger mon fanatisme « footballistique » au vestiaire.

Mais cette année, je pense que je vais m’y intéresser un peu puisque le pays hôte est un pays qui m’a toujours intrigué, les habitudes des russes sont si peu communes, et leur chef d’Etat est tout aussi mystérieux.

Credit Photo : AFP, Ekaterina Chesnokova
Crédit Photo : AFP, Ekaterina Chesnokova

Les rencontres de football seront aussi l’occasion de partager des fous rires et de l’émotion avec les amis et la famille. Des rencontres insolites, des amitiés par affinités  vont se créer, c’est sûr.

Je ne me suis pas encore décidée, vais-je suivre les matchs à la maison ou ailleurs ? Chez moi pas d’aficionados de foot,  que des télénovelistes ! On se retrouve seul comme Gulliver au pays des lilliputiens.

Ceux qui ont les moyens feront l’acquisition d’un 2e poste de télévision pour éviter la guerre de la télécommande. Plusieurs boutiques de vente de matériels technologiques ont commencé leur promotion depuis un moment.

Pour cette coupe du monde, mon équipe « sans autre rivale » c’est les « Super Eagles » du Nigéria, je verrai après si une autre ravira mon cœur au cours de la compétition.

Les Super Eagles du Nigeria /Crédit photo : Fédération Nigérianne de Football

A n’en pas douter il y aura de belles surprises, des anecdotes sur les différentes équipes, à la fois sur les habitués et sur ceux qui font leurs premiers pas dans cette compétition : l’Islande et le Panama.

J’espère vivement que cette fois-ci la définition qui dit qu’ « une coupe du monde de football est une compétition sportive qui a lieu tous les quatre ans et à la fin c’est l’Allemagne qui l’emporte » ne sera pas vérifiée !

Bonne compétition à toutes les équipes engagées !
Que le meilleur gagne !

Je garde donc je suis

Ce week-end, profitant d’un peu d’accalmie dans mon planning, j’ai décidé de faire un peu de ménage dans mon environnement.

Chaque trimestre au moins, je mène cette opération. Je trie tout et je passe partout : cuisine, toilettes, chambres à coucher, vêtements et chaussures, vieux magazines, jouets des enfants, etc…

Mais ce coup-ci, c’est seulement ma chambre que je veux ranger. Je m’attaque en premier à ma garde-robe, je commence par trier les vêtements que je ne porte plus très souvent. C’est durant cette opération qu’il m’est venu l’idée d’écrire un billet sur le sujet, je dirai plutôt le sujet contraire : les personnes qui ne jettent jamais rien.

En faisant des recherches, je découvre que c’est une réelle pathologie : la syllogomanie ou le syndrome de Diogène.

Lieu de vie encombré. Crédit photo : www.syndrome-diogene.fr

Je me souviens, il y a quelques années, avoir regardé un documentaire sur cette tendance à vouloir tout garder et ne rien jeter. J’en riais presque. On en parlait plus comme d’un TOC (Trouble obsessionnel convulsif ) que d’une maladie.

Je constate avec effarement que le problème a évolué en flèche.

Dans nos sociétés très consommatrices, il est facile de devenir ‘accro’. Tout vous incite à acquérir et consommer toujours et encore plus : les publicités à outrance, dans vos mails, à vos portes, sur votre téléphone, partout ! Une vraie « boulimie de possession » : on n’a pas fini d’utiliser les derniers vêtements à la mode qu’une nouvelle tendance apparaît. Et voilà que l’on court l’acheter pour ne pas être en marge.

Au fil des années, on se retrouve avec une montagne d’objets « obsolètes », difficiles à jeter. On les garde alors dans un coin de la maison avec un certain espoir de pouvoir les utiliser un jour. On voue à ces objets un sentiment très fort. Presque comme de l’amour, mais dans une relation de personne à objet.

Mais, mais, mais, (trois fois mais !) comme dans une relation dangereuse, il est nécessaire de faire la sélection dans sa vie comme dans son habitat. Garder les objets qu’on n’utilise pas ou qu’on n’est pas prêt d’utiliser, c’est être matérialiste. Cela vous tire en arrière, vous n’évoluez pas. Il vous est difficile d’avancer, vous restez scotché sur place.

Un seul conseil : débarrassez-vous de tout ce fatras d’objets !  Triez vos habits et offrez-les autour de vous ! Les vieux journaux jetez-les ou donnez-les à des centres de lectures de votre quartier ou aux prisonniers, ça leur fera du divertissement ! Les vieux jouets de vos enfants, offrez les à des centres de loisirs, organisez un vide-grenier, recyclez, recyclez !!!

Après cette grande opération, vous vous sentirez léger. Un bon conseil que je vous donne : faire le tri dans sa maison, c’est comme faire le tri dans ses relations. On se débarrasse des personnes toxiques et de toutes les mauvaises énergies qui les accompagnent. En tout cas, essayez et vous verrez !

Bon ménage à vous !!

Bienvenue dans le monde de la street-food au Togo

Nous voici de plein pied dans la nouvelle année, après le cérémonial  du souhait des vœux (que je vous épargne), je vous invite à partir avec moi à la découverte de quelques bons repas, dont nous nous régalons, ici, au Togo, plus précisément à Lomé, dans la capitale togolaise.

Les personnes qui me connaissent savent qu’après la lecture et l’écriture, mon autre passion est la cuisine, la nourriture, bref tout ce qui a trait à la « bouffe ». Dès que j’ai l’occasion de quitter mon environnement habituel, je ne me prive pas de procurer à mon palais le goût exquis de nouvelles découvertes culinaires.

Trêve de bavardages, goûtons vite au plaisir des mets que l’on trouve dans les rues de Lomé.

Le matin, lorsque l’on ne veut pas prendre de petit déjeuner à la maison, on peut s’offrir les services d’une bonne dame qui vous servira au détour d’une rue, de la bonne bouillie chaude à base de maïs : akassan ou aklui, accompagnées de pain sucré ou salé, beurré, de beignets (botocoin, amimé gateau ou atchonmon) et d’arachides. Sinon, vous pourrez vous contenter d’un bon plat d’ayimolou (riz aux haricots) avec maca, galifoto sans oublier akpanma, wangashi ou du koklozi dada.

Ayimolou servi dans une feuille de bananier / Photo : Anonyme

Vous avez aussi le choix entre le konm avec du poisson frit (kanlami), de la sardine à l’huile, avec le yébésséfionfion, ou alors une baguette de pain avec de la salade et/ou du sandwich. Je n’oublie pas le veyi, ami et gali, la combinaison préférée des maçons. La légende urbaine voudrait que cela vous donne une force digne d’Obélix, pour porter les paquets de ciment …lol

 

Plat de konm, kanlami et yébesséfionfion / Crédit photo : Léa Corinna H.

Vers 10h, ceux qui voudraient bien prendre un en-cas, peuvent se jeter sur du aboda et du ené et/ou de l’arachide, pourquoi pas quelques tranches de été ou amanda mémé, ou simplement du eblifan mémé ou dada si bien sûr, c’est la période.

Blifan mémé et azi dada / Crédit photo : Bénédicta

A midi, c’est le grand rush vers les fufu bar et autres gargottes pour déguster du fufu évidemment, avec toutes les sauces inimaginables : egbondessi, koklodessi, light soup, lanmémédessi, dekoudessi ; du akoumé avec adémè, fetri, lanmoumou, ou du riz blanc  avec du gnifoti. La liste est longue….

Certains se contenteront de boules d’akpan avec kanlami ou de koliko avec l’incontournable maca et adokougbi.

Vers 16h, pour ceux qui aiment le goûter, l’occasion est bonne pour boire de la bouillie de tapioca au lait avec quelques pincées de noix de muscade, ou du coco avec gaou, ou simplement quelques morceaux de agbélikanklo et des arachides.

Pour finir la soirée, un tour à la cafétéria du quartier chez le  « Diallo » du coin pour prendre un bon plat de spagho (spagnetti) à la viande de bœuf, avec une tasse de déguè ou du couscous au yaourt.

Une belle journée qui prend ainsi fin, avec toujours le désir de regoûter et de savourer tous ces plats originaux !

Et vous, quel est votre street food préféré ?

 

**Petit lexique de la street food togolaise 

Akassan, aklui : différentes bouillies à base de maïs

Botocoin : beignets frit dans l’huile à base de farine de blé

Atchonmon : petits biscuits frits dans l’huile à base de farine de blé

Maca : diminutif pour désigner macaroni, type de pâtes alimentaires

Gali : farine de manioc

Galifoto : farine de manioc mélangée à de l’eau et un peu de sauce pour la rendre onctueuse

Akpanma : peau de boeuf ramolli dans de l’eau

Wangashi : fromage de lait de bœuf, frit ou nature

Koklozi : œuf de poule bouilli dada

Konm : pâte de maïs emballé dans des feuilles de maïs

Kanlami : poisson frit

Yébésséfiofion : piment rouge réduit en poudre, cuit avec un assortiment d’épices et d’anchois fumés. Le goût est particulier à chaque vendeuse d’ayimolou ou de konm

Veyi, ami et gali : du haricot bouilli avec de l’huile frit avec des oignons et de la farine de manioc

Aboda : grains de maïs bouilli

Ené : noix de coco / poupou : sec

Eté mémé : igname grillé

Amanda mémé : banane plantain grillé

Eblifan mémé ou dada : maïs grillé ou bouilli

Fufu : igname pilé

Dessi : sauce

Egbondessi, koklodessi, xolandessi : sauce de bœuf, de poulet ou d’agouti (aulacodes)

Lanmémédessi : sauce de poisson fumé

Dekoudessi : sauce de graine de palme

Akoumé : pâte de maïs

Adémè dessi : sauce de corette du jardin à l’huile rouge

Fetridessi : sauce de gombo

Lanmoumoudessi : sauce de poisson frais

Gnifotidessi : sauce de pattes de boeuf

Akpan : pâte de maïs, emballé dans des feuilles de bananiers

Koliko : frites d’igname

Adokougbi : croupion de dinde

Coco : bouillie de mil

Gaou : beignet de haricot, épicé

Agbélikanklo : beignet de manioc

Dèguè : yaourt au petit mil, spécialité des pays du sahel

 

Je suis citoyenne de la République de Blog’Art

L’Homme est un être social, et sa vie en communauté le démontre. La vie en communauté est une nécessité pour son équilibre physique, psychologique, mental, mais certains peuvent vivre en ermite. Avec l’avènement des TIC, des communautés virtuelles sont apparues. Un constat est fait : il est rare de trouver actuellement un individu qui n’appartienne à aucune communauté virtuelle. Je ne déroge pas à la ‘règle’ : moi, je suis citoyenne de la République de Blog’Art, sur Whatsapp.

C’est au gré de mes vadrouilles sur la toile que j’ai découvert le blog d’Ecclésiate Deudjui :  en septembre 2015. De fil en aiguille, il m’a introduit dans le groupe Blog’Art, sur Whatsapp ou plutôt dans la République de Blog’Art.

Ma nouvelle vie de citoyenne

Au début, je lisais les posts publiés, je téléchargeais les liens et vidéos mais je  n’intervenais pas. On appelle cela ‘être en sous-marin’…lol. Certains pensaient que je n’étais qu’une « espionne ».  Beaucoup ne savaient pas que je suis une mondoblogueuse de la saison 2013 mais je n’ai publié qu’un seul billet, qui a disparu avec le changement de thème de mon blog.  Cette « flemmardise » de publication, était le résultat d’un changement intervenu dans ma vie, qui m’a fait prendre un certain  recul.

La route vers la reprise en mains de mon blog fut la rencontre fortuite, d’un autre mondoblogueur qui m’a encouragé à republier. Puis une mauvaise blague, d’un autre mondoblogueur m’a sorti de mes gongs, et je lui dis merci. Finalement, en octobre 2016, j’ai republié un nouveau premier billet.

Le quotidien des ‘Blog’Artlais’

Blog’Art est organisé comme une vraie république bananière, avec un gouvernement :

  • il y a un président : Ecclesiaste 
  • une première dame : Christine
  • un premier ministre Emile et sa moitié Samantha
  • deux ministres des TICS : Atome  (Gestion de la robotique)  et Lucrèce : Gestion de la communauté geek) vous conviendrez avec moi que c’est un vaste domaine
  • un ministre de la bière des loisirs  : Fotso
  • une ministre du sport, férue de cyclisme  : Alexandra aka Lexy
  • un ministre de la santé Laurier
  • un ministre du 8e art, spécialité mangas Annadjib
  • un ministre de la culture spécialité poèmes Guillaume
  • un ministre du panafricanisme Renaud
  • un ministre des transports, globe trotter Roger
  • un ministre de l’environnement Aristides
  • un ministre de la linguistique et des statistiques (c’est quoi ce cumul de postes ?) Fabrice
  • un ministre de la diaspora Benjamin
  • beaucoup de ministres de la communication, délégués à diverses fonctions ce qui crée parfois de la confusion dans le mécanisme de propagande de la république : Didier, Alain Amrah, Dania , Salma, Ulrich , Thierry  sans oublier Guy (avec sa fameuse valise, que je n’ai jamais vu d’ailleurs…lol)
  • beaucoup de ‘sous-marins’ aussi …

Et donc, nos journées sont ponctuées de publications de liens des billets des divers citoyens, du partage de vidéos et d’audios. Parfois des décrets tombent sans qu’il n’y ait eu de conseils des ministres, du seul vouloir du Premier Ministre, à l’insu du plein gré du président. Ce dernier est mis devant le fait accompli…lol

 

Capture d’écran d’un décret Blog’Artlais, Crédit Photo : Bénédicta

De temps à temps, des débats résultant de l’actualité ou de la publication de billets, soulèvent de forts remous dans la république. Ces débats suscitent parfois des velléités de coup d’état. Mais le calme revient très vite grâce à la diplomatie du Premier Ministre, Emile. Et cela finit après avec la promesse d’un casier virtuel de bières (blonde ou brune).

Quel avenir pour la République ?

Il fait bon vivre en République de Blog’Art car on peut y pousser ses coups de gueule comme ses coups de cœur. Blog’Art est aussi une grande famille où les anniversaires sont fêtés en grande pompe. Peut-être que cela n’est qu’une façade ? Aussitôt la nationalité Blog’Artlaise obtenue, on ne peut ni y renoncer ni la quitter sans une dérogation spéciale. Le président vous y ramène sans demander votre avis…lol

Ce petit monde bien que virtuel, n’est pas du tout facile à conduire. Mon président bien-aimé, ne me dira point le contraire. Mais s’étant octroyé ce poste de président de droit, un référendum devrait être organisé pour conforter Ecclesiaste  au poste de président.

Qu’en pensez-vous chers Blog’Artriotes ?

 

 

La lecture : ce sublime vice

Crédit Photo : www.pixabay.com

Pour moi, la lecture est un organe (vital, je peux dire) et bien plus qu’un loisir.  Je ne pourrai passer une journée sans lire, ce serait comme si je m’arrêtais de respirer, ce qui est quasi impossible.
De mes débuts
Ma mère me raconte souvent que j’ai réclamé d’aller à l’école, dès que j’ai su qu’il y avait un lieu tel quel, que je savais écrire avant d’y avoir mis les pieds. De cela, je ne me souviens guère. Mais ce dont je me rappelle, c’était ma manie de me cacher dans les toilettes avec un livre ou un magazine dès que j’ai su déchiffrer les 26 fameuses lettres de l’alphabet. Pour moi, c’était l’endroit idéal où je pouvais me réfugier et savourer les aventures de mes héros.
De la lecture quotidienne de la Bible en images, à la découverte des premiers mots de mon syllabaire « Mamadou et Bineta », en passant par les fameux mes « Premiers », « Deuxième » jusqu’au « Sixième livres de lectures » de l’enseignement du premier degré au Togo, cet univers n’était que pure délice pour moi. Dès l’achat des fournitures scolaires, je réclamais mes livres de lectures pour en dévorer toutes les pages et me familiariser avec tous ces personnages que j’allais côtoyer tout le long de cette année scolaire.
De l’insinuation du vice en moi
Au collège, ma plus grande peur était de rentrer au terme de ma journée sans avoir emprunté un seul livre à la bibliothèque ou auprès de mes amis. J’avais toujours quelque chose sous la main : un magazine, un journal, … il fallait que j’aie coûte que coûte quelque chose à lire sinon j’étais déboussolée. Je n’étais pas une grande fanatique des romans de la collection Harlequin. Je me moquais, d’ailleurs souvent, de mes amies qui en raffolaient. A cette époque, je les trouvais insipides puisque c’étaient souvent la même trame, lol… et puisque je n’avais pas encore d’amoureux à quoi bon gaspiller mon temps et mes méninges à en créer un dans mes rêveries ?
Je préférais consacrer mon temps à lire des romans policiers, d’aventures et autres. C’est à cette époque que j’ai fait la découverte de Danielle Steel, R.L. Stevenson, Guy des Cars, Mary Higgins Clark, Stephen King, Isaïe Bithon Coulibaly, Sam J. Obianim et autres, grâce à mon inscription à la bibliothèque du Centre Culturel Français, haut lieu de la culture, que je fréquentais assidûment.
A l’heure de l’extinction des feux, je m’endormais souvent avec une torche sous ma couverture pour terminer ce que j’avais commencé à lire. Il fallait absolument voir le dénouement du roman entamé.
De nos jours
Avec l’apparition des technologies de l’information, bon nombre ont pensé que les livres (du moins le format papier) allaient disparaître au profit de la télé et de l’internet, à mon avis, ils ont simplement pris une autre forme. Actuellement, une grande possibilité est offerte aux férues de lecture de diversifier leur monde. Les moyens pour y avoir accès sont multiples (téléchargement gratuit, abonnement en ligne, achat,…) ainsi que les supports (les tablettes de lectures, les smartphones, …).
Internet offre un foisonnement d’informations. Pour y avoir accès, il faut lire. Beaucoup de personnes disent qu’ils n’aiment pas lire. Lorsque j’entends cela, j’ai un rire en coin : tous les posts ‘likés’, les informations ‘twittées’, les photos ‘instagrammés’, les ragots ‘whatsappés’ , ne faut-il pas les lire et les comprendre avant de les partager ? Même si ce ne sont que quelques mots, à mon avis c’est de la lecture. Oui de la lecture même si c’est sous un autre aspect plus restreint.
Si la lecture est un vice, pour moi c’est le meilleur et je ne peux m’en passer !

Togo –Environnement : Lomé dans l’eau

Nous ne sommes qu’au début de la mousson ou saison pluvieuse mais certains togolais ont déjà les pieds dans l’eau : l’inondation n’est pas loin.

Ce long week-end de la Pentecôte, était parti pour être un moment de repos et de détente pour plusieurs d’entre nous, avec la descente de l’Esprit Saint pour les chrétiens. Il a été plutôt une descente aux enfers pour nombre de mes concitoyens.

Tout a commencé, très tôt dans la matinée du 03 juin 2017, avec une pluie fine qui s’est peu à peu transformée en vrai déluge. Cette pluie a duré toute la sainte journée : les dernières gouttes touchèrent le sol vers 18 h. C’était suffisant pour transformer certains quartiers de Lomé en lacs et en lagunes, certains carrefours en vrais chemins de croix (bien que Pâques soit passé depuis) pour les usagers. Belote le dimanche, rebelote le lundi matin. Bref, on est en saison pluvieuse…lol

Chaque année, c’est le sempiternel refrain, la même rengaine : les autorités volent à toute vitesse au secours de mes concitoyens en les aidant à expulser les eaux de leurs habitations, en évacuant certains togolais par des canots pneumatiques vers des endroits plus ou moins sûrs, en leur distribuant quelques vivres et non-vivres, et … « à l’année pro », comme dirait quelqu’un.

Il n’y a pas encore de solutions pérennes pour un système viable d’évacuation des eaux (de pluie) au Togo : encore du chemin à faire pour nos gouvernants.

En tout cas, je constate. Que Dieu veille  !

Rue envahie par les eaux de pluie – Akodessewa . Photo : Bénédicta

Au Togo, halte à la surcharge en matière de sécurité routière

Pour nos déplacements, nous usons de divers moyens : trains, avions, bateaux, voitures, motos et autres. A Lomé, la capitale du Togo, nos moyens privilégiés sont la voiture, le bus et la moto  (taxi, taxi-moto ou zémidjan et privés). Depuis quelques années, nous assistons à un phénomène particulièrement récurrent contre lequel l’Etat ne cesse de lutter : la surcharge.

Les faits

Quand je dis « prendre en 43 » ou «  en sandwich », je pense bien que cela ne vous évoque rien. A Lomé, cela signifie :

  • Prendre en 43 : pour une voiture initialement prévue pour 4 personnes voire 5 c’est-à-dire 2 personnes devant et 3 derrière, il n’est pas rare à Lomé de trouver 3 personnes devant et 4 derrière.
  • Prendre en sandwich : pour une moto, prévue pour 2 personnes on peut apercevoir 3 voire 4 personnes dessus.

Ce phénomène de 43, est apparu à Lomé au début des années 2000, lorsque certains quartiers périphériques n’étant pas encore desservis par les routes bitumées ou les pavés, étaient difficiles d’accès. A cause des nids de poule et de la poussière en saison sèche, à cause de la boue et des fondrières en saison pluvieuse, un nombre restreint de taxis s’aventuraient dans ces quartiers.

Il était difficile aux habitants de ces quartiers de trouver un moyen de déplacement approprié. Et lorsqu’on est contraint d’honorer ses engagements professionnels, au lieu de faire la fine bouche, certains sont obligés de se faire sandwicher ou prendre en 43.

La surcharge ne s’adresse malheureusement pas qu’aux personnes. Certains bus et transports en commun font aussi de la surcharge de marchandises.

Les raisons

Intriguée par cette habitude, entre temps disparue et qui est revenue de plus belle, j’ai interrogé un taximan M. Gérard. Il est propriétaire de son taxi et se retrouve sur le trajet Adidogomé (quartier périphérique de Lomé)-Assiganmé[1]. « Avec l’apparition de Sotral[2], nous n’arrivons plus à avoir le bon quota de clients. La hausse fréquente du prix des carburants et le racket incessant des forces de l’ordre nous obligent à adopter cette habitude. » Il ajoute ensuite  « Nous avons aussi des taxes à payer à la mairie et aux syndicats. Tous ces frais sont de véritables manques à gagner. Qu’y pouvons-nous ? », conclue-t-il sur un air dépité.

Les conséquences

Cela rentre peu à peu dans les habitudes, parce que moi-même j’en ai été victime. Pour anecdote : il était un peu tard à la sortie de travail, j’ai eu toutes les peines du monde à trouver un taxi. Au milieu du trajet, voilà le taximan qui me dit : « Tantie, poussez-vous un peu, je vais prendre ce client. Le monsieur derrière, va descendre tout à l’heure et vous serez bientôt à l’aise ». J’ai fait mes gros yeux et sermonné un peu le chauffeur de taxi. Et le pire, la dame prise en 43, avec moi avait un peu d’embonpoint. Je me suis retrouvée vraiment sandwichée entre le chauffeur et la dame.

D’abord, je n’ai pas pu mettre ma ceinture de sécurité, ensuite le chauffeur avait toutes les peines du monde à passer la vitesse. Et si par protestation, j’étais descendue pour prendre un autre véhicule, il était déjà tard et l’endroit où il fallait descendre n’était pas sécurisant. C’était fort plausible que je ne trouve pas un autre taxi avant une bonne heure. J’ai alors fait contre mauvaise fortune bon cœur. A ma descente du taxi, je ne vous raconte pas les courbatures que j’ai eues. Dans cette situation qu’aurais-je pu faire à votre avis ?

Quelquefois en journée, un taxi avec des passagers en 43, passent devant les policiers qui n’interpellent pas les taximen. C’est de raison, puisque ces policiers jouissent du fruit de cette habitude.

J’en parle avec un peu d’humour, mais les conséquences sont énormes pour la vie des passagers que nous sommes.  Au Togo, selon les sources du Ministère de la Sécurité et de la protection civile ainsi que du Ministère des transports, en 2016 il y a eu sur les routes togolaises : 5393 accidents, dont 6846 blessés et 514 décès. 

Les solutions

Lorsque la campagne obligatoire du port de casque pour les motocyclistes a été lancée en 2014, par l’Etat togolais, beaucoup de mes concitoyens ont protesté. Mais peu à peu cela s’est imposé dans les mœurs. Je pense qu’ils y ont vu après le bien-fondé puisque c’est le devoir de l’Etat de protéger ses filles et fils.

Ainsi une vraie campagne doit être lancée pour véritablement enrayer cette situation c’est-à-dire la surcharge dans les moyens de transport. Cela permettra de finir avec la mise en danger de la vie des usagers. Plus de véhicules pour le transport en commun doivent être également mis à la disposition des citoyens, par l’Etat. Les quartiers périphériques devront être évidemment désenclavés par les voies de transport, pour ne pas obliger les citoyens à mettre leur vie en péril.

 

[1] Assiganmé ou le Grand marché de Lomé, est le terminal de la majorité des transports en commun (privés comme publics) car ce haut lieu du commerce est le centre névralgique de l’économie togolaise.

[2] Sotral : Société des transports de Lomé, bus affrétés par l’Etat pour le transport en commun des personnes à Lomé et en périphérie urbaine.