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Sachets plastiques : changeons nos habitudes !

 

La mondialisation ayant gagné tous les secteurs de la société, presque toutes les civilisations tendent à se confondre et les habitudes des uns et des autres tendent à devenir uniformes et universelles. Ainsi l’usage du sachet plastique est devenu un fait commun. Pourtant il est de ces habitudes qu’il n’est point bon d’acquérir. A cette allure, pourra-t-on alors un jour éradiquer l’usage du sachet plastique non biodégradable ?
Les belles manières d’antan

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Sac en toile cirée. Photo : Bénédicta

Si nous remontons à quelques années de cela, l’usage du sachet plastique non biodégradable n’était pas si répandu au Togo. Enfant, je me souviens que nous ne pouvions sortir acheter un produit consommable sans prendre un contenant (assiettes pour les produis solides, gobelet en inox avec couvercle pour  les produits liquides) que nous couvrions d’un torchon propre. Jamais nos mères n’allaient au marché sans leur sac tressé en osier, en tissu, ou encore sans leur sac en toile cirée à l’effigie des sociétés de la place.

Hélas, toutes ces habitudes se sont perdues ! Nous sommes tous plus ou moins accoutumés à acheter tout et n’importe quoi, dans ces sachets noirs ou d’autres couleurs qui font usage de fourre-tout. D’aucun diront que la cause de cette déliquescence de nos mœurs est liée à la frénésie dont notre monde est victime. Jamais assez de temps pour bien faire ou pour préparer d’avance quoi que ce soit. Tout va vite : aussitôt pensé aussitôt fait !

Les conséquences néfastes pour l’environnement et pour notre santé

A l’allure où notre environnement est en train d’être dégradé, l’utilisation de ce fléau qu’est le sachet plastique non biodégradable est à proscrire et vite ! Il est plus qu’urgent d’inculquer à la génération actuelle et future, la préservation de certaines valeurs essentielles parmi lesquelles la protection de notre nature.

Des études ont démontré également  les conséquences dangereuses de l’utilisation du sachet plastique non biodégradable sur notre santé. Toute substance chaude mise au contact du plastique et en l’occurrence du sachet plastique non biodégradable dégage des molécules qui sont source de divers maux. Certaines fois, ces substances peuvent même annihiler le traitement contre ces maladies, surtout dans le cas particulier du cancer.  Tout ceci est une menace pour nos vies comme le dit si bien ce billet de mon concitoyen.

Ces sachets, qui pullulent dans nos rues sont évidemment de véritables «  casse-tête » pour nos canalisations en temps normal et plus encore en saison pluvieuse. Certains animaux domestiques et même marins, en sont devenus des consommateurs forcés.

Ordures ménagères sous un pont. Crédit photos : labeautedutonkpi.files.wordpress.com

Aux dernières nouvelles, un continent composé de déchets dont la grande partie est faite de plastiques a été découvert dans le pacifique, dans une zone peu fréquentée par les navires.

Quelles mesures les Etats mettent-ils en place ?

Mis à part le Rwanda qui a fait montre d’une énergie remarquable pour interdire l’importation et l’usage du sachet plastique non biodégradable sur tout son territoire, peu de pays ont véritablement une politique efficace pour lutter contre ce phénomène.

Au Togo, un décret est promulgué depuis 2011 mais personne ne semble y faire attention. L’Etat fait montre d’un laxisme effarant. Une brigade verte a néanmoins été créée pour mener des campagnes de sensibilisation. Mais cela doit être sûrement un leurre pour détourner l’attention de la population. Car la brigade ne mène ses actions qu’à l’annonce des grandes rencontres internationales.

Le lobby du plastique a encore de beaux jours devant lui. Le marché togolais, est inondé de sachet plastique non biodégradable produit sur place et alimenté aussi par les filières clandestines en provenance des pays voisins. A qui profite le crime ?

Déjà à la base, un programme doit être intégré dans l’enseignement dès le cours primaire pour intéresser nos enfants à la préservation de leur environnement.

Mais en attendant voici quelques habitudes que nous pouvons adopter chacun à notre niveau :

  • Toujours penser à sortir avec soi ou à garder sur soi, un sac en toile ou en coton lavable et réutilisable à volonté
  • Eviter le plus possible l’achat de tout aliment chaud ou froid dans du sachet plastique
  • Et pour ceux qui le peuvent, apprendre cette belle technique japonaise qui consiste à transformer un foulard en sac

Préservons notre environnement !

 

 

Dame Loco et mon rendez-vous

Ce samedi, je devais retrouver un ex-amoureux revenu des Etats-Unis. Presque 12 ans qu’on s’était perdu de vue (au propre comme au figuré, malgré les réseaux sociaux).

Le rendez-vous a lieu à 19h30, presque de l’autre côté de la ville, Tokoin Protestant  pour moi qui habitait à Hedzranawoé au nord-est de Lomé. Je saute sur un zem[1] qui me fait d’ailleurs un bon prix, ce qui n’est pas du tout dans leurs sales habitudes, après une courte discussion, je fixe mon tarif.

Bien habillée, bien parfumée, les yeux pétillants en prélude à la rencontre que j’imagine déjà, porteuse de fruits….

Mauvaise surprise

Nous voilà au niveau du carrefour dit Gakpoto, arrêtés dans notre course par une longue file et une épaisse fumée noire : j’ai premièrement pensé à un incendie ou à un feu d’ordures ménagères ou de pneus, allumé par les riverains.

Locomotive dégageant une épaisse fumée.
Locomotive dégageant une épaisse fumée.

Mais j’entendis avec stupeur le vacarme de la sirène de la vieille loco de Togorail. Et l’épaisse fumée, noire comme le c… du diable, polluante comme le Gange (ou la lagune de Tokoin Hôpital ??), nauséabonde comme un œuf pourri de 3 jours. Ô rage, ô désespoir, ô vieillesse ennemie, n’ai-je donc pas tant vécu que pour rater ce rendez-vous tant attendu (parodiant ainsi le Cid acte I, scène 4, de Corneille), maudissant ainsi ma bonne ou mauvaise étoile, c’était selon le cas.

Après le passage de ce désastre écologique sur rail, je me retrouve avec une épaisse couche de suie (n’éxagérons quand même pas…) recouvrant mon teint de fond tout flambant neuf de Yves Rocher (que ma cousine m’a envoyé quand même de France, qui va se négliger…) et une odeur que je vous épargne

Adieu, veau, vache, schawarma, whisky coca, poulet braisé, brochettes… (plagiat moderne de La laitière et le Pot au lait de Jean de La Fontaine) bref tout ce que j’aurai pu ingurgiter ce soir.

Que faire ? Aller à mon rendez-vous dans cet état plus que piteux ou retourner à la maison me refaire une beauté (une vrai cette fois-ci) au risque d’aller en retard à mon rendez-vous galant… ?

Un peu d’histoire

L’histoire de la réalité ferroviaire[2] du Togo date de l’époque allemande, en 1905, précisément où roula la première locomotive. Mes bonnes vieilles locomotives ont eu leur belle période où plusieurs villes togolaises étaient desservies par les trains (Kpalimé, Atakpamé, Aného et Blitta, où s’arrêtent les rails).

Après les belles années du transport ferroviaire, ces wagons sont tombés en désuétude, les gares envahies par les herbes, les rails presque invisibles. Les wagons sont actuellement en exploitation seulement par l’actuelle société d’exploitation du ciment – CIMTOGO- qui utilise ces vieux wagons pourris pour le transport du clinker.

Un clin d’œil a été fait à ces wagons, récemment dans un clip d’une artiste qui a actuellement le vent en poupe Almok – Takouvi.

De vrais dangers ambulants, pollueurs sonores, visuels et olfactives (je me rappelle encore ma gorge toute râpeuse comme ayant bu un mauvais whisky ou mangé du kalaba[3]…)

Bref, ma super belle rencontre prévue depuis une semaine est tombée à l’eau, évanouie tel un mauvais mirage dans le désert du Sahara avant même d’avoir pu avoir lieu, pschitt comme un ballon de baudruche dans les mains d’un gamin mal intentionné…

Ah que nenni !!! Non, je me rattrape, je lui envoie un texto vite fait, et demande à mon zem de rebrousser chemin (ce qui a l’honneur de doubler mon tarif…)

Comme toute bonne créature du sexe féminin qui se respecte et sait se faire respecter, j’accuse un léger retard d’une heure de temps.

Enfin je pus rejoindre mon ami pour passer une belle soirée idyllique…

**Dame Loco : Locomotive

[1] Zem : Diminutif de zémidjan : moto taxi

[2] Source : https://en.wikipedia.org/wiki/History_of_rail_transport_in_Togo

[3] Kalaba : boule d’argile blanche prisée par la gente féminine de la Côte d’Ivoire au Cameroun