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Un mouton récidiviste s’évade

Finalement, j’ai décidé de le faire. Je ne suis ni militante de la Société Protectrice des Animaux (SPA), ni membre du FBI (1) , du CSI (1) ou du SWAT (1) . Pourtant j’ai pris la ferme résolution (pas celle de l’ONU) de résoudre « Le mystère du mouton perdu du Cepd ».

Depuis quelques heures, la toile togolaise a pris feu avec « Le moutongate ». D’accord, je vous éclaire pour éviter que vous preniez des vessies de mouton pour des lanternes.

Par une brumeuse journée (normal, on est en pleine mousson), sous le ciel togolais, une épreuve de rédaction française tomba. Tel un poil (de mouton) dans la soupe des élèves du CM2 candidats au Cepd (examen de fin du cours primaire). Devrais-je dire que celui (je suis sûre que c’est un homme !) qui a composé l’épreuve avait certainement un poil dans la main ?

Voici le libellé de l’épreuve (photo ci-dessous).

Crédit photo : Source inconnue, vu sur whatsapp

Avant d’évoquer la thèse de l’introduction d’un loup (y a-t-il des loups sous nos cieux ???) dans la bergerie la maison, pour faire fuir le mouton, la première question que je me pose :

– Le père a-t-il prémédité la fuite du mouton en le « mal attachant » ?

Ensuite, le père connu pour être un abonné des séries policières américaines et ayant surpris à plusieurs reprises le fils en train de suivre en douce ces séries a-t- il voulu tester les qualités dissimulées  d’enquêteur dudit fils ??

En tout cas, s’ils avaient été disciples de Jésus, ces mioches (le fils et ses camarades) auraient eu la tâche allégée. Le Maître serait parti a la recherche du célébrissime mouton.

Malheureusement, les camarades du fils  du père (et pas le St Esprit), l’ont suivi comme des moutons de Panurge pour retrouver le fameux bestial.

A mon avis, cela aurait été plus simple pour ce père d’aller directement au marché de Gbossimé (marché de bestiaux à Lomé) pour acquérir un nouveau bovidé.

Aujourd’hui où il est vraiment possible de munir n’importe quel animal de GPS, je me demande bien pourquoi ce père inconscient n’en a pas fait usage ?

Il est même possible qu’en une semaine, M. Le mouton ait perdu du poids, n’étant plus habitué à être nourri. Il est rendu à l’état semi-sauvage. C’est de notoriété publique que de nos jours, trouver sa pitance quotidienne est un chemin de croix. Sa physionomie aurait changé. Et celui qui a dit « Quelle que soit la physionomie du mouton, la fête aura lieu » va s’en mordre les doigts. Ce mouton aura changé d’apparence et la fête est déjà à l’eau.

Quoiqu’il en soit, moi, j’accuse fortement ce père irresponsable et négligent de n’avoir pas devancé les événements. Un magnifique selfie du bovidé accompagné d’un audio, qui aurait été « mê tcha tchatcha » (2) aurait certainement facilité les recherches.

En attendant, rien n’est encore tout à fait perdu. En tout cas pas pour le mouton. Mais que dis-je ? Bon, passons. Si après toutes ces quêtes, le môme et ses compagnons ne retrouvent pas Shaun le mouton, alors le père peut appeler le 911, non on est au Togo, le 118. Les pompiers vont se casser un peu le c…. A moins que le mouton, ô mon cher mouton, n’ait atterri depuis dans la marmite d’un de mes concitoyens.

Shaun, le mouton. Crédit photo : Aardman Animations Ltd

J’ai sauté du coq au mouton, à l’âne.

PS : Avant la mise en ligne de ce billet, j’ai appris que le mouton n’en était pas à sa première évasion, d’où le titre. Il a été vu aux alentours de Kparatao (3), il a « zewa (4) »Lomé.

(1) FBI : Federal Bureau of Investigation, CSI : Crime Scene Investigation, SWAT : Special Weapons And Tactics : des unités de la police américaine.

(2) Mi mê : partagez, tcha tcha tcha : sur le champ, vite vite, en langue mina du sud Togo. Mi mê tcha tcha tcha, Slogan des adeptes des réseaux sociaux,  spécialistes des partages à tout va des posts, images et audios.

(3) Kparatao : Ville du nord Togo d’où est originaire l’opposant Tikpi Atchadam à l’origine des mouvements du 19 août 2017.

(4)Zewa : fuir, mot d’origine kabyè, ethnie du nord Togo.

 

CAN 2017 : la belle prestation des Eperviers du Togo

J’avais juré que l’on ne m’y reprendrait plus. Je crois définitivement que je me suis prise au jeu. Comme le dit le dicton « seul(es) les imbéciles ne changent pas ».

J’ai suivi de bout en bout, les 90 minutes de jeu intense et de spectacle que mes compatriotes, les Éperviers du Togo nous ont offertes. C’était leur premier match de la compétition les opposant aux Éléphants de la Côte d’ivoire.

Je ne donnais pas cher de leur peau, car, pour parler de peau, celle des Éléphants était bien plus dure que la nôtre.

Je ne suis pas une férue de football, qui demeure le sport roi sur le continent africain, ni une aficionada des télénovelas. Ce qui fait que chez moi, il n’y aura pas de lutte pour la possession de la télécommande. Pour moi le football, c’est 22 mecs qui courent après un ballon en cuir avec un homme en noir (même si cet homme n’est plus tout le temps en noir..), qui met de l’ordre sur le terrain …lol

Mais en des occasions spéciales comme celle-ci, je change vite de veste et deviens une inconditionnelle pour supporter mon équipe nationale de football.

N’en déplaise à ceux qui n’ont pas misé gros (j’en faisais partie !) sur les Éperviers, ils ont quand même tenu la dragée haute aux champions en titre et comme diraient les Too fan, les Éperviers ont « Téré * » les Éléphants. Ces derniers n’ont été que l’ombre d’eux-même : des éléphants sans défense !

Moi j’ai échappé de peu à un petit AVC, lorsque notre attaquant Fodoh Laba a raté cette belle occasion à la 77e minute.

Avec un entraîneur comme Claude Leroy et sans aucune crise de primes de match en vue, je crois que les Eperviers du Togo feront une belle prestation et créeront certainement la surprise à cette CAN. Malgré le match nul de cette rencontre, j’y crois.

Aujourd’hui, je suis patriote. En avant les Eperviers du Togo !!

* CAN : Coupe d’Afrique des Nations

* Téré : dans l’argot des jeunes de Lomé : mettre à terre, piétiner, terrasser