Benedicta

L’Organisation des Nations Unies, les objectifs de développement durable et le monde de demain

L’Organisation des Nations Unies. Vous connaissez ? Je n’en doute point. Cette organisation célèbre justement ses 75 ans d’existence, en cette année 2020.  Le monde est en pleine crise sanitaire : la crise du coronavirus. 

Cette maladie décrétée pandémie, met à nu et agrandit toutes les disparités auxquelles les humains ont toujours fait face. Depuis 2015, les Nations Unies ont adopté un agenda pour 2030, qui vise à diminuer voire éradiquer ces différences tant sociales, sanitaires qu’économiques qui existent entre les humains, assainir l’environnement, protéger les ressources naturelles, promouvoir la paix et l’équité entre les genres, etc. Ces objectifs à atteindre sont rassemblés sous le vocable des « 17 Objectifs de développement durable » (ODD)

Cette célébration donne aussi l’opportunité aux Nations-Unies d’initier un dialogue global entre et pour les pays. L’occasion d’entendre un maximum de voix pour soulever les craintes,  les espoirs et essayer de trouver des solutions pour le monde de demain que nous voulons meilleur que celui d’aujourd’hui.

Pour cette occasion, le système des Nations Unies, au Togo a initié une rencontre avec les médias, le 27 juillet 2020 à Lomé.  L’assistance était évidemment composé des professionnels de media, des patrons de presses, des membres des associations de presse et des responsables des agences du système des Nations Unies : OMS, FNUAP, ONUSIDA, PNUD… Moi j’y ai participé en tant que blogueuse.

Je vous livre ici une réflexion personnelle, qui n’est qu’une partie du débat sur les thèmes soulevés. Tant les domaines sont vastes et s’imbriquent les uns dans les autres. Nous espérons que le débat se poursuivra avec de nouvelles rencontres pour pousser encore plus loin nos réflexions sur ces sujets qui ne cessent de susciter tant d’inquiétudes et d’espoir. Bonne lecture !

Quels sont les grands domaines qui peuvent contribuer au progrès vers l’avenir que nous voulons ? 

Pour moi, les domaines essentiels qui peuvent participer au progrès de l’avenir pour le monde de demain sont la réduction de la pauvreté (ODD1), l’accès aux soins de santé (ODD3) et à l’éducation  pour tous (ODD4) avec un accent particulier sur  les nouvelles technologies, la protection et la gestion des ressources naturelles (ODD 14 et 15).

De nos jours on parle des diverses politiques de développement. Toutes ont certes une vision humaniste. Pour moi un développement qui n’a pas comme centre d’intérêt le bonheur de l’homme c’est-à-dire son bien-être n’a pas sa raison d’être.

La crise de la Covid a montré la fragilité et les limites de notre société, tant sur le plan sanitaire, éducationnel que technologique… bref dans beaucoup de domaines jugés jusque-là essentiels à l’épanouissement de l’Humain.

En considérant le domaine de la santé et de l’éducation, la pandémie du coronavirus a accentué une fracture sociale déjà existante et plus ou moins tue.

Dans le domaine sanitaire, les couches dites vulnérables n’ont pas eu accès aux bonnes informations quant aux précautions à prendre pour faire face à la crise. Et même quand elles y ont eu accès, avaient-elles les moyens matériels et financiers pour se l’approprier ? Combien avaient eu la chance de trouver de l’eau potable et du savon pour appliquer les gestes barrières ? Ce qui rejoint l’ODD 1 qui vise la réduction de la pauvreté et l’ODD6 pour rendre accessible à tous l’eau propre et un système d’assainissement amélioré.

En abordant le domaine de l’éducation lorsqu’il a fallu trouver des solutions pour permettre aux apprenants de continuer les cours, tout le monde n’était pas logé à la même enseigne. Certains par manque d’énergie pour permettre l’accès aux outils technologiques,  d’autres par manque de personnel enseignant ou par manque de matériels, n’ont jamais vu la couleur de ces cours en ligne. L’information n’a pu atteindre les personnes démunies. Et si elle les atteint, les moyens financiers pour l’avoir faisaient défaut.

Tant dans les pays en développement que les pays dits développés personne n’a eu « la science infuse ». Au Togo, après quelques tâtonnements, petit à petit des solutions adaptées à notre population ont été trouvées.

Je pense que nous devons sérieusement repenser nos systèmes de développement sur le plan sanitaire, éducationnel, environnemental pour rendre nos populations aguerries et au fait des changements mondiaux qui surviennent.

Les 17 Objectifs de développement durable Source : www.un.org

Pour le monde de demain, plusieurs questions fondamentales dont la pauvreté et les inégalités, les nouvelles technologies, les changements démographiques, la paix et la sécurité, les changements climatiques, suscitent beaucoup de réflexions… Lesquelles de ces questions ou toute autre encore vous semblent primordiales pour le monde de demain ?

Toutes ces questions sont essentielles et leurs solutions intimement liées. Le monde de demain à mon avis doit tenir compte :

– de la réduction des inégalités (ODD10) par la mise en place de mécanismes de réduction de la pauvreté. L’établissement de programmes ambitieux avec un accès facile par les couches défavorisées aux microcrédits sont à encourager.

– de la promotion de l’égalité entre les sexes (ODD5) qui ne devrait pas être négligée dans cette quête de la réduction des inégalités sinon les mêmes causes risqueraient de produire les mêmes effets. Cette option est à inclure dans tout programme et/ou projet.

– pour un développement harmonieux la prise en compte du climat et de l’environnement (ODD 13, 14 et 15) est aussi importante. Nous vivons dans un monde entouré par un écosystème avec lequel nous avons des relations d’interdépendance.

Comment l’ONU peut-elle mieux contribuer à la construction du monde de demain ? Quels devraient être les domaines prioritaires pour l’ONU et les institutions internationales et régionales ?

L’ONU doit concentrer ses efforts sur la réduction des inégalités pour rendre accessible à tous l’accès aux soins pour une meilleure santé et l’éducation pour tous, surtout l’éducation des jeunes filles. Une meilleure éducation entraîne l’accès à de meilleurs emplois, tout en prônant l’égalité des genres pour permettre à la femme d’être rémunérée à un poste égal, au même taux qu’un homme. Cela aura l’avantage de réduire la pauvreté et les fractures sociales.

Pour les institutions tant internationales que régionales, un accent particulier doit être mis sur la promotion des énergies renouvelables (ODD 7) pour permettre la croissance économique (ODD 8) et industrielle (ODD 9) de nos pays qui ont déjà beaucoup d’atouts naturels mais qui ne sont malheureusement pas exploités. Les états devront s’atteler à financer les entreprises œuvrant dans ce domaine en leur facilitant l’accès à ces sources de financement.

L’ONU doit continuer par avoir son rôle de gardien de la paix et aider au progrès social de notre société, en faisant la promotion d’un climat de paix, de justice grâce à des instittutions fortes (ODD 16). Pour cela, elle a besoin du soutien de nos états, pour un partenariat efficace afin d’atteindre les objectifs fixés (ODD 17).

Voici pour moi, le monde de demain que j’imagine, meilleur que celui d’aujourd’hui pour permettre l’épanouissement de tous.

Pour continuer la conversation, voici un lien qui vous permet de réagir, d’élargir le débat et de faire entendre votre voix.


Ma cuisine confinée

Depuis le début de cette pandémie du coronavirus, beaucoup de nos habitudes ont changé. On se consacre un peu plus à certains loisirs pour lesquels on n’avait pas beaucoup de temps. Mon autre passion après la lecture et l’écriture, c’est la cuisine. Je partage ici avec vous quelques unes de mes recettes préférées.

Atchonmon[1] étoilé

  • 2 verres de farine
  • ½ cuillerée à soupe de levure chimique
  • 2 cuillerées à soupe d’huile
  • ¼  cuillerée à café de sel
  • 1 cuillerée à soupe et demie de sucre
  • 0,20 litre d’eau
  • Quelques pincées de noix de muscade/quelques grains d’anis
Atchonmon étoilé. Crédit photo : Bénédicta H.

Mélanger tous les ingrédients pour obtenir une pâte plus ou moins ferme. Laisser reposer 30 minutes. Etaler ensuite sur le plan de travail et découper selon la forme voulue, ici des étoiles. Frire à feu doux. Retirer de l’huile dès que cela commence à dorer. Déposer sur du papier absorbant. Et voilà !! Bonne dégustation.

Cette recette enchante les enfants pour un petit goûter accompagné de jus de bissap bien frais.

Poudre de suya

  • Quelques baguettes (une vingtaine) de kuklui[2] ou des boulettes (une cinquantaine) de gonazo[3] ou de l’arachide grillée
  • Un mélange ou un assortiment d’épices en poudre (ail, gingembre, oignon, anis, piment, coriandre, persil, cannelle, noix de muscade,…)
  • Un cube de bouillon dans ce cas, ne plus mettre de sel dans la préparation.

Mélanger le tout et passer au mixeur sec. Garder la préparation dans un bocal bien au sec. Il est à préciser que la quantité de kuklui ou de gonazo est définie selon votre désir et vos besoins.

Poudre de suya. Crédit photo : Bénédicta H.

Cette poudre peut être utilisée comme une mixture à laquelle il faut  ajouter de l’huile et de la tomate concentrée pour les grillades de poulet ou de bœuf. Vous pouvez aussi déguster le suya avec du pain (baguette ou pain sucré) tout simplement. Le suya est un mot d’origine haoussa, qui signifie « griller » ou « frire ». Les Haoussas sont une ethnie habitant des régions du Bénin, du Nigeria, du Niger et du Burkina Faso, en Afrique de l’Ouest. On en trouve également au Togo.

Botocoin[4]

  • 300 g de farine de blé
  • 100 g de sucre en poudre
  • 1 pincée de sel
  • 1 sachet de levure boulangère
  • 300 ml d’eau tiède
  • Quelques pincées de noix de muscade rapée
  • De l’huile pour la friture

Verser la farine dans un saladier ou un grand bol. Dans un autre saladier, verser l’eau tiède, le sucre, le sel, la levure boulangère et la noix de muscade. Bien mélanger et verser cette préparation sur la farine. Mélanger à la main ou à la spatule pour obtenir une pâte homogène c’est-à-dire sans grumeaux et onctueuse. Couvrir ensuite et laisser reposer durant 2 à 3 heures. Mettre de l’huile à chauffer. Former des boules puis les  mettre à frire. Retourner de temps à temps pour éviter que cela ne brûle. Retirer de l’huile dès que c’est doré. Laisser reposer sur du papier absorbant.

Botocoin. Crédit photo : Bénédicta H.

A déguster avec de la bouillie de mil ou de maïs (akluizogbon[5], akassan[6] ), en petit déjeuner ou en goûter.

Gâteau au yaourt

  • ½ paquet de levure chimique
  • 1 pot de yaourt nature
  • ½ pot d’huile (arachide, tournesol,…selon votre goût)
  • 2 pots de sucre en poudre
  • 3 pots de farine
  • 2 œufs
  • 1 cuillerée à soupe de rhum ou de sodabi (alcool local)
  • Quelques gouttes d’arôme vanille

Préchauffer le four à 180°C ou Thermostat 06.  Mélanger les ingrédients en suivant l’ordre (levure, yaourt, huile, …). Beurrer un moule ou mettre du papier sulfurisé dans le moule, y verser la pâte. Enfourner pour 30 mn. Le gâteau est prêt lorsqu’une lame de couteau introduite, y ressort sèche.

Gâteau au yaourt. Crédit photo : Bénédicta H.

Bon appétit et à la prochaine !


[1] Atchonmon : snacks de farine de blé cuits dans l’huile ou au four

[2], [3] Kuklui et gonazo : snacks fait à base de pâte d’arachide Les deux ont le même goût seule la différence de forme a donné cette diversité de nom

[4] Botocoin : beignet sucré de farine de blé

[5], [6] Akluizogbon et akassan : type de bouillie de maïs


Le laxisme et le népotisme règnent toujours en maître dans nos administrations

Il y a quelques mois, je voulais renouveler les cartes d’identité de mes enfants, ce fut pour moi un parcours de combattant.

Au Palais de Justice

Cela a débuté par le service de l’établissement du certificat de nationalité. Je devais me faire établir des duplicatas de ces pièces. Deux mois plus tôt, j’en avais demandé pour des parents. Et j’ai pu prendre autant que j’en voulais.

Mais le jour-là, je pense qu’une nouvelle consigne a été appliquée : les citoyens ne pouvaient prendre qu’une seule copie et par jour. Le processus consiste à s’inscrire sur une liste de 10 personnes et à payer 1 000 francs CFA*( 1) par copie demandée. Certaines personnes ont essayé de passer outre la consigne. Leur deuxième demande a été purement et simplement rejetée. Et lorsque nous voulions savoir les raisons, nous avons buté contre un mur. Personne n’était disposé à nous répondre. Des rumeurs parlaient d’une possible rupture de stock du papier d’impression qui est semblable à celui des billets de banque : sécurisé et inimitable. Finalement personne n’a pu infirmer ou confirmer cette version.

Certains demandeurs viennent par exemple de Tsévié (à 30 km de Lomé) ou de l’intérieur du pays : Kpalimé (120 km), Atakpamé (160 km). Ceux du septentrion c’est-à-dire à partir de Sokodé (340 km) et encore plus loin ont le choix d’aller à Kara, qui est la deuxième ville du Togo.  Une dame que j’ai vue et avec qui j’ai un peu discuté : « Je viens d’Atakpamé, je ne connais personne à Lomé chez qui je pourrai résider. Je voulais plus d’une copie et je programmais de revenir dans une semaine pour le retrait. Là, je suis toute bouleversée, je ne sais que faire ».  Je vous laisse imaginer toutes leurs peines.

Après le dépôt effectif de la demande, le rendez-vous pour le retrait est fixé pour une semaine après. Au jour dit, je me suis présentée mais n’ai obtenu aucune copie, et aucune raison ne m’a été donnée. Le plus grave c’est qu’aucune nouvelle date ne m’a été donnée pour un éventuel retrait. L’agent préposé au  service affichait une insolence et une arrogance inégalable. Elle criait, non hurlait sur les citoyens comme une orfraie. Enragée je suis repartie. Je n’ai pu avoir mon document que 3 semaines plus tard en passant par l’ami, d’un ami, d’un ami. Sinon mon document serait perdu je ne sais où.

Au commissariat de police

Au Togo, la carte d’identité nationale s’établit dans les commissariats de police. Evidemment pour échapper au monde fou qui en fait la demande, il faut être recommandé par un « grand  quelqu’un », glisser des sous ou se lever très tôt, et là c’est vraiment tôt. Les services publiques ouvrent à 7h30, pour espérer être le premier servi il faut y aller à 5h déjà. Mais là encore vous n’êtes pas au bout de vos peines.

Selon la mouche qui l’a piqué, le policier préposé peut décider de faire passer toute sa famille avant vous, même si vous êtes le premier sur la liste. Et gare à vous, si vous osez protester. Ils vont vous créer toutes les misères et Dieu seul sait si vous retrouverez un jour votre dossier. Alors tout le monde fait profil bas et invoque tous les dieux connus et inconnus, pour passer le plus tôt possible. Vous pouvez être aussi carrément oublié là-bas sans aucune explication et y passer toute votre journée. Vous ne serez servi que dans l’après-midi à la reprise c’est-à-dire à partir de 14h30.

Si vous êtes verni et que votre patronyme n’a subi aucune éraflure (ce qui est très fréquent : des noms mal écrits ou carrément déformés) après deux semaines, vous pourrez avoir votre carte d’identité nationale.

Crédit photo : Bénédicta H.

Au service des passeports

Ce service dénommé officiellement DGDN (Direction générale de la documentation nationale), était le service par excellence où si vous étiez affecté, il fallait coûte que coûte repartir de là, ventripotent. Pendant longtemps au Togo, pour se faire établir son passeport, c’était 10 fois le chemin de croix de Jésus de Nazareth, plus que le parcours de sélection de la légion étrangère, et beaucoup de billets violets**(2) distribués en route.

Mais depuis trois ans au moins, tout a changé, le service a connu son chemin de Damas, je peux dire avec preuves à l’appui que c’est le meilleur service de l’administration togolaise où l’on vous reçoit très bien et on vous met à l’aise. D’abord le lieu-dit est bien protégé, un service de sécurité sans faille. Il est équipé d’un hangar avec des bancs, d’un écran qui vous donne toutes les informations sur le processus à suivre avant de vous faire délivrer le précieux sésame. Il est également équipé  d’un distributeur automatique de snacks et de boissons.

Les agents soucieux de refléter une belle image du pays, vous reçoivent très cordialement vous fournissent tous les renseignements et prennent le soin de vous informer au moindre pépin. Bref, ils fournissent un service impeccable. Aucune œuvre humaine n’étant parfaite, il existe toujours des brebis galeuses qui profiteront de votre crédulité pour vous dépouiller de quelques billets. Ne vous en faites pas, un service existe désormais pour les dénoncer, pour qu’ils subissent de bonnes sanctions avec la dernière rigueur.

Et vous quelle est votre expérience avec les services administratifs de votre pays ?

_______________________________

*1 000 FCFA : 1,5 Euros à peu près

**Le billet de 10 000 FCFA, la plus grosse coupure est de couleur violette


Essénam ou Croire en soi, un film togolais à l’affiche

Hier après-midi en mal d’inspiration sur un article que je devais écrire et pour me changer un peu les idées, je me suis rappelée que je m’étais promise d’assister à la première de projection de ce film togolais. En effet la publicité est passée sur tous les réseaux sociaux cette semaine et je n’y ai pas échappée.

Prévue pour commencer à 16h, la séance ne débute véritablement que 2 heures plus tard. Mais l’attente a valu son pesant d’or. Et les organisateurs arguant de problèmes techniques se sont excusés.

Ticket d'entrée . Crédit photo : Bénédicta Honyiglo
Ticket d’entrée. Crédit photo : Bénédicta Honyiglo

En tout cas, moi je n’étais pas déçue et cela est évidemment ma seule opinion. Je vais jouer aux spoilers et vous faire le résumé de la séance.

Essenam, jeune fille d’une vingtaine d’année est étudiante dans une école privée de la ville où se déroule l’action. Emportée par ses fréquentations, elle a délaissé ses études au profit de sorties et de beuveries en compagnie de quelques amis d’école issus de milieux bien plus favorisés.

Un matin, outré par les innombrables absences non justifiées de Essénam à ses cours depuis presque 7 mois, le directeur des études, M. Komlan appelle finalement la mère de Essenam. Les études de Essenam étaient financées par son oncle. Habituellement, c’est avec ce dernier que les responsables de l’école prennent  contact mais étant souvent hors du pays,  il était cette fois-ci injoignable.

Malheureusement pour Essenam, le pot aux roses est découvert et sa mère lui coupe les vivres. Un malheur ne venant jamais seul, les affaires de l’oncle subissent une avarie : 2e robinet fermé pour Essenam. Elle doit alors retrousser les manches et faire face à son avenir. Signalons que la mère de Essenam est une vendeuse de kom (pâte de maïs fermenté) ou « komière »… lol, un nouveau mot découvert dans le film. C’est grâce à cette activité, que la courageuse femme fait vivre sa famille tout en payant le crédit de la maison, laissé par son défunt mari.

Plat de kom, accompagné de petits poissons frits. Crédit photo : Roger M. Lasmothey

Mais ne vous inquiétez pas, Essenam s’en sortira et de la meilleure façon possible.

Le courage, la persévérance, l’abnégation sont les valeurs véhiculées par ce film. Mais aussi la foi, en soi et en Dieu (ou toute chose, en tout cas au-dessus des humains. Evitons la polémique religieuse…lol).

Je vous invite vivement, ceux qui sont à Lomé, bien évidemment, à faire le déplacement lors des prochaines projections. Et à encourager le réalisateur de ce bijou. Précisons que l’équipe technique et les acteurs sont pour une grande partie, des amateurs qui pour un coup d’essai, ont fait un coup de maître.


Quand le colibri nous fait lire

La lecture à voix haute est une pratique peu commune dans nos milieux, surtout dans le monde scolaire et à plus forte raison dans une bibliothèque. Lorsque Corinne du blog http://djifa.mondoblog.org/ m’a écrit pour me proposer d’animer une séance de lecture à voix haute, je n’ai pas du tout hésité et je ne le regrette pas.

Notre séance a eu lieu ce samedi 2 novembre 2019, au sein de la bibliothèque le Colibri, située dans la banlieue nord-ouest de Lomé. Avant cette rencontre, plusieurs annonces avaient été faites sur les réseaux sociaux (Facebook, Instagram,…)

Pour cette occasion deux livres ont été choisis : une histoire en français et un conte en éwé (langue parlée dans le sud du Togo et du Ghana).

Cette première séance a rassemblé une trentaine d’enfants de 4 à 10 ans. Afin de les mettre à l’aise et de créer une bonne ambiance, ils ont chanté et dit des poèmes avant que la lecture ne commence.

Après la lecture du premier livre, les enfants très curieux ont posé diverses questions auxquelles j’ai répondues. L’histoire est celle d’un petit lapin, qui est allé chez le dentiste après un mal de dent. Grâce à cette histoire, mes petits auditeurs ont appris de nouveaux mots et enrichis leur vocabulaire.

Pour le conte, les enfants n’avaient pas d’abord bien compris, puisque la littérature ewe utilise une version assez soutenue, parlée seulement par certaines familles et les personnes âgées. J’ai dû traduire dans « un ewe dilué » plus accessible aux enfants de cet âge. Le principal personnage de ce conte est l’araignée. Dans la littérature ewe, l’araignée ou Yivi, est comparable au renard, dans les contes occidentaux, très futé, toujours prêt à jouer de vilains tours à ses congénères.

Les enfants ont été très enthousiastes. Ils réclamaient déjà une nouvelle séance avant même que celle en cours ne s’achève. Nous avons ensuite pris quelques photos pour garder de frais souvenirs de cette rencontre. Un en-cas et quelques rafraîchissements ont été distribués aux enfants pour mettre un terme à ce magnifique moment.

Ce qui est certain, cela est une belle expérience à renouveler.


Eradiquer la pauvreté : mythe ou réalité ?

Au nombre des 17 Objectifs de Développement Durable (ODD),  le premier et non des moindres est l’éradication de la pauvreté.  Une pauvreté  présente sous plusieurs formes, comme dit dans la redéfinition des nouveaux objectifs du programme  de développement post-2015, intitulé « Transformer notre monde : le Programme de développement durable à l’horizon 2030 ». Cependant, l’éradication de la pauvreté passe incontestablement par l’éducation.
Logo de la campagne de la Banque mondiale pour l’éradication de la pauvreté. Source : twitter.com/banquemondiale

Lorsque nous parlons d’éducation, nous parlons de l’acquisition de la connaissance. Et la base de la connaissance est la lecture. Comme je le dis souvent : « Le meilleur cadeau qu’un parent puisse faire à son enfant est de lui apprendre à lire ».  Le savoir se cache dans les livres, dit-on.

La lecture comme solution 

Pour la Banque mondiale, la meilleure stratégie pour vaincre cette inaccessibilité au savoir est de rendre la moitié des enfants de dix ans capables de lire et de comprendre un texte simple d’ici 2030. « Mettre fin à la pauvreté des apprentissages« , selon leurs propres termes. Le temps d’une génération, beaucoup de maux peuvent être résolus, si l’accent est vraiment mis sur cela.

Ce qui permettra effectivement l’atteinte du 4e objectif des ODD : assurer un accès libre et équitable à une éducation de qualité et promouvoir l’apprentissage tout au long de la vie. Car à la Banque mondiale, on considère que « la lecture est le fondement de toutes les compétences. »

Les pays concernés

Tous les pays s’impliquent dans cette lutte, pays en développement comme pays riches où l’objectif 100 % d’enfants de 10 ans capables de lire n’est certainement pas atteint.

Et en Afrique, chaque pays énonce ses soucis et pense aux solutions adéquates.

Pour la Sierra Leone, il s’agira de permettre l’accès aux fournitures scolaires et aux documents en ligne, lorsqu’il est quasi difficile de trouver des manuels physiques, de permettre également de fournir aux éducateurs une formation de qualité pour une meilleure maîtrise des sujets.

Au Ghana, il est préconisé la création de bibliothèques, un appui soutenu aux auteurs de livre et surtout l’implication des parents, en l’occurrence les mères qui seraient le socle de l’éducation. Le rôle de ces mères sera d’intéresser les enfants à la lecture dès le bas âge. Pourtant une inquiétude demeure : certains parents n’ont pas eu la chance d’être eux-mêmes éduqués.

Le Burkina-Faso propose quant à lui de mettre l’accent sur l’apprentissage des langues locales et la formation continue des enseignants.

Au Togo, les solutions sont orientées vers le renforcement des projets financés par le gouvernement grâce à la Banque Mondiale, par la promotion de l’éducation inclusive et l’installation des cantines scolaires. Comme le dit le dicton, « Le ventre affamé, n’a point d’oreilles.» L’on ne peut apprendre en ayant l’estomac vide, lorsqu’on sait  les conditions précaires des populations rurales.

C’est en outre l’une des trois mesures clés que le nouveau rapport sur « la pauvreté des apprentissages » énonce : il s’agit de « faire de l’investissement dans l’humain un enjeu collectif : les systèmes éducatifs ne peuvent tout. Pour être en mesure d’apprendre, les élèves doivent bénéficier d’une alimentation, de soins de santé et d’une prise en charge adaptés pendant la petite enfance. »

Tout en espérant, effectivement que ces objectifs soient atteints en 2030. Qui vivra verra !


Son homme !

Elle lut la notification du nouveau message reçu par son homme. On pouvait y lire : « c’était très bon, tout à l’heure. Merci pour ce délicieux moment ».
Non, non et non !! Ça c’était la goutte d’eau qui allait faire déborder le vase. Pascal ne pouvait se permettre cette ignominie envers moi. Moi, Caroline, l’héritière du seul et unique M. Gator. Moi qui l’ai sorti du ruisseau, l’ai façonné, lui ai ouvert toutes les portes de la bourgeoisie locale. Je vais lui rappeler aujourd’hui ses origines.
– Pascal ! Pascaaal !
Caroline ouvrit, avec fracas, la porte en bois immense de la salle de bain, taillée dans du mélèze, importé du Japon. Un bois pas du tout commun dans le pays.
Après une dure journée de travail, Pascal comme de coutume se prélassait dans son bain aux effluves de lavande et de musc boisé avant de prendre son dîner en compagnie de Caroline. Cela faisait déjà quelques années qu’ils étaient mariés avec deux mignons enfants : Anne-Sophie, 7 ans et Marc-Emmanuel 8 ans.
Elle était tombée sous le charme de ce bel homme, travailleur acharné et intelligent mais pauvre. Et comme tous les jouets que son père avait l’habitude de lui offrir, Caroline avait tout fait pour se marier à Pascal. Ils s’étaient rencontrés au dîner de bienfaisance et de charité que son père organisait chaque année pour récompenser les meilleurs étudiants de l’Université du Pacifique dont il était le parrain.

Crédit photo : Pixabay

Pascal, avait accompagné ce soir-là, un de ses amis, avec qui il avait l’habitude de jouer au basket dans l’équipe locale et qui était étudiant à ladite Université. Lui, parce que ses parents n’avaient pas les moyens, avait plutôt suivi une formation en électronique et jonglait entre plusieurs boulots. Tombée sous son charme, Caroline a tout fait pour que son père l’engage dans un de ses magasins de vente de matériels informatiques. Pascal a vite rattrapé les marches en mettant à profit ces opportunités à travers des cours en ligne.

Après quelques années, Pascal s’est vu offrir un poste de directeur au sein de l’une des entreprises de M. Gator.
– Je sais que je suis jalouse et je lui mène une vie d’enfer mais il n’a pas le droit de me trahir, il est à moi. Je l’aime trop. Je ne peux vivre sans lui. Jamais, il ne me quittera.
Caroline l’avait déjà prévenu à maintes reprises, si jamais il avait l’audace de la trahir, c’est dans un cercueil, six pieds sous terre qu’il se retrouverait.
Surpris par le bruit assourdissant de la porte, Pascal, sursauta dans la baignoire en marbre de Carare.
– Mais chérie ! Que se passe-t-il encore ?
– Je t’ai toujours dit que le jour où tu oserais me quitter, ce serait les pieds devant. Je viens de voir le message de ta maîtresse.
– Laquelle ? Qu’est-ce que tu racontes chérie ?
– Ne joue pas au mariole avec moi !
Caroline avait le téléphone dans la main gauche et un pistolet bien chargé dans la droite, qu’elle cachait derrière elle.
– Je vais te tuer, Pascal, je vais te tuer !
Il sortit de la baignoire pour attraper son costume de bain. Avant même qu’il n’eut le temps de saisir son vêtement, Caroline pointa l’arme sur lui. Au fait de la surprise, Pascal resta la bouche ouverte. Il reçut deux balles dans la poitrine.
Caroline pratiquait depuis des années le tir sportif de vitesse ou handgun. Elle ne pouvait rater son mari. Pascal s’effondra. Une autre notification apparut sur l’écran : « Désolée, je me suis trompée de numéro. Le message précédent n’était pas pour vous. Bonne soirée ! »
Effectivement, malgré toutes les apparences, Pascal était un homme fidèle et bon père de famille. Un immense cri retentit dans la maison.

NB : Ce billet est une réponse au challenge lancé par le blogueur Aphtal.


Portrait – La vie en batik avec Valery

Si je vous dis couleur, teinture et cire ? Vous pensez à quoi ? Je vous le donne en mille : le batik. Et oui ! Allons à la découverte de cette technique de teinture de tissu et surtout de ceux qui en ont fait un métier, pas trop commun.

On la retrouve parmi ses bassines, seaux et pots de teinture ainsi que des mètres de tissu en coton. Elle, c’est Valery, la trentaine, mère de famille. Avec sa marque ValBatik qui fait ses premiers pas, elle nous raconte l’origine de cette passion pour l’art et surtout le dessin qui l’ont conduit sur cette voie.

Une passion devenue un métier

En pleine séance de teinture. Source : Benedicta H.

« Très petite, j’étais intéressée par le dessin et la couture. Je m’exerçais sur la machine à coudre de ma mère et je dessinais aussi. Après ma maîtrise en Histoire Contemporaine à l’Université de Lomé, voguant de stage en stage, je me cherchais sans trouver mon chemin. Grâce au dessin et par des amis, je suis devenue membre de l’ASTAP[1]. Cela m’a permis de côtoyer des personnes formidables et de découvrir des nouveaux domaines du dessin dont le batik. Impressionnée par cette technique, j’ai décidé de l’apprendre et d’en faire un métier. Je me suis donc dirigée vers les artisans du village artisanal de Lomé pour être formée et avoir les ficelles du métier. » Une formation qui a  duré deux années, nous précise-t-elle.

Batik, un monde de couleurs et de courage

Le batik est une technique artisanale de décoration de tissus d’origine javanaise. Elle  consiste à teindre des tissus grâce à de la cire.

A la question de savoir, les qualités pour exercer ce métier, elle répond sans hésiter : la passion. Elle nous confie que le métier est plein de découvertes surtout au moment du mélange des couleurs  et de la confection des motifs.

Palettes de couleur. Source : ValBatik

Faire du batik, est aussi  synonyme d’endurance. Pour confectionner seulement 5 mètres de tissu, le minimum est 2 jours . Il faut d’abord concevoir le modèle à reproduire sur le tissu. Ensuite l’imprimer dessus à l’aide de la cire.  Puis vient l’étape du mélange des couleurs et la teinture du tissu. Et après le séchage .  Le rinçage à l’eau chaude ou au pétrole est l’étape suivante. Un deuxième séchage suit et enfin le repassage.

Notre question sur l’origine des motifs a reçu cette réponse : « Certains motifs sont déjà conçus en bois, d’autres me viennent sur le coup si je suis inspirée, j’essaye aussi d’autres que j’ai vu sur internet et que j’ai envie d’essayer. Parfois des erreurs de mélange deviennent de vrais chefs d’œuvre. Et c’est toujours une agréable surprise de découvrir le résultat. »

Dans son catalogue de fabrication  à part les pagnes, elle nous montre une variété de produits qu’elle conçoit de A à Z : des rideaux, des sets de tables, des tabliers, des taies d’oreiller. Finalement, Valery a aussi pris des cours de couture et elle coud elle-même tout ce qu’elle conçoit.

Rideaux et sets de table. Source : ValBatik

On peut ajouter qu’elle est une artiste complète car elle peint également des tableaux  en batik, mais aussi des t-shirts qu’elle achète et teint pour le bonheur de ses clients.

Que réserve l’avenir ?

Le projet de Valery, est de faire de sa marque, ValBatik une marque connue dans le domaine de l’habillement et du linge de maison au Togo, dans la sous-région et pourquoi pas dans le monde. Et de sortir dans quelques années, une ligne de vêtements pour hommes, femmes et enfants, avec la création d’emplois.  En attendant, elle développe un nouveau créneau, des écharpes en bi-matière : de la laine et du coton, soit en batik, soit en wax. « Nous savons tous  que le wax a pour origine le batik[2] indonésien », nous précise-t-elle.

Assortiment d’écharpes. Source : Valbatik

« Le batik est un domaine sans fin qui n’a pas fini d’être exploité, nous sommes 7 milliards sur la terre, et tout le monde a au moins chez lui quelque chose en tissu », nous confie Valery avec le sourire. Une phrase pleine d’avenir et d’espoir, pour cette jeune marque. Bon vent à elle !

ValBatik Source : ValBatik

[1]ASTAP (Association Togolaise des Artistes Peintres)

[2]La technique du batik importée dans le monde par les hollandais, est l’ancêtre du tissu wax. Le wax signifie cire en anglais.

 


Portrait – Da Massan, la taxiwoman

Taxiwoman? Oui, monter dans un taxi avec une dame comme chauffeur, c’est un vrai délice. Place à Da Massan, la taxiwoman, dans les rues de Lomé la belle.

Note de l’auteur : ce portrait est une pure fiction. 

Dans les rues de Lomé. Source : Benedicta H.

La routine matinale

Du haut de ses 42 ans, Da Massan a déjà eu plusieurs carrières. Elle a d’abord été comptable dans une société de BTP de Lomé. Suite à son licenciement et n’ayant plus les moyens de subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille, elle eut l’idée de devenir « taxiwoman ». Elle a passé son permis de conduire. Son mari qui vit en Europe lui a envoyé une voiture de marque japonaise, très connue. Son aventure dans ce monde très masculin, a commencé voici 4 ans déjà.

« Mon réveil est à 5 heures. Après ma prière matinale, je m’occupe de ma voiture. Je procède aux vérifications habituelles : niveau d’huile, d’eau, du carburant, état de la batterie », explique-t-elle. Elle précise qu’elle en prend le plus grand soin car c’est son gagne-pain. Ensuite elle réveille ses enfants : Delali, 10 ans au CM1 et Mawuena 8 ans au CE2, pour les préparer pour l’école.

Taxi. Source : Pixabay.com

En voiture !

C’est après avoir déposé ses enfants à l’école que la journée de Da Massan commence. Elle habite à Adidogomé, un quartier en banlieue Nord-Ouest de Lomé. « Sur ce tronçon, il y a énormément de clients, mais aussi beaucoup d’embouteillages, compte tenu de la grande population qui y habite. »

Certains clients lui sont devenus familiers, car ils empruntent régulièrement son taxi. Le trajet habituel est Adidogomé-Assiganmé, qui coûte 400 francs CFA.  Parfois des clients ne font pas le trajet complet. Ce qui fait les affaires de Da Massan, le terminus étant Assiganmé, le grand marché de Lomé.

Les qualités de la bonne taxiwoman

Da Massan est devenue une experte du volant avec les motos taxi ou zémidjans qui pullulent à Lomé et font du slalom à tout vent. Elle est toujours sur le qui-vive.

Être conductrice de taxi, est aussi un véritable parcours du combattant : entre le harcèlement des policiers qui vous demandent « leur billet bleu[1] pour le café » à tout va, sans vérifier les pièces du véhicule ; l’achat des tickets de la mairie ;  l’achat des tickets des syndicats des chauffeurs de taxi et en dernier, ceux de la direction des impôts. Da Massan, avec le temps, est devenue patiente et courageuse pour affronter toutes ces tracasseries quotidiennes.

Les bons côtés du métier

Malgré le prix du carburant qui ne cesse de faire le yo-yo, la concurrence des taxis moto et les prix cassés des bus de la Sotral (Société des Transports de Lomé), Da Massan arrive toujours à tirer son épingle du jeu.

Et il y a aussi quelques belles rencontres. « Il y a 2 ans, j’ai pris une dame à bord de mon véhicule, qui accompagnait sa sœur à terme, à l’hôpital pour accoucher. Pressées qu’elles étaient et vu l’urgence de la situation, l’accompagnatrice a oublié son téléphone portable dans mon taxi. Par un coup de chance, j’ai récupéré l’appareil qui était celui de la future maman et sur lequel le mari n’arrêtait pas d’appeler. J’ai répondu à l’appel et rejoins le mari, pour l’amener à l’hôpital. L’accouchement se déroula sans problème. Ce fut une fille dont je devins même la marraine. Depuis, une belle amitié est née entre cette famille et moi. »

L’avenir du métier

Da Massan n’est pas pressée de quitter ce métier, car elle s’y sent bien. Il y a même un projet qui germe dans sa tête : celui de développer une entreprise de taxis privés. Elle se donne encore quelques années pour le réaliser. Mais en attendant, vive les rues de Lomé !

[1] La coupure du billet de 2000 FCFA (XOF) est de couleur bleue et équivaut à 3,075 Euros


Pourquoi j’ai mis du temps à m’intéresser à la CAN 2019

Bientôt trois semaines que la 32e édition de la Coupe d’Afrique des Nations de football a commencé au pays des pyramides et des pharaons. Je n’ai commencé à m’y intéresser que cette semaine, et ça ne m’a pas réussi… 

Habituellement, lorsqu’il y a une compétition de football internationale (Coupe du monde, Ligue des champions européenne ou Coupe d’Afrique des Nations) je ne rate aucune occasion d’être au courant des nouvelles : calendrier des matchs, pays qualifiés, sélectionneurs, joueurs vedettes… Ce qui n’a pas du tout été le cas pour cette CAN égyptienne.

L’une des raisons principales est que le Togo, mon pays d’origine, n’est pas qualifié. Ensuite, j’ai décidé de ne plus soumettre mon corps à de fortes émotions parce que cela n’est pas à mon avantage. Mais puis-je échapper à cette forte ambiance plus que fiévreuse ? Hélas non…

D’abord le Ghana…

Lundi, j’ai « suivi » malgré moi le huitième de finale Ghana-Tunisie. Seulement la deuxième mi-temps en plus. Les cris montaient dans le quartier au moment où les Black Stars rataient une belle occasion. Ça me tentait tellement, comme un gâteau au chocolat interdit à une personne qui suit un régime pour maigrir… Je n’ai pas résisté. Je supportais évidemment le Ghana. Pourquoi le Ghana ? Parce que par ma mère, j’ai des origines ghanéennes. Et comme le dirait si bien un vieux dictateur africain décédé, lorsque la case de ton voisin brûle, cours vite l’aider à éteindre le feu… Donc le Ghana en compétition, c’est le Togo.

Ce fameux match, je l’ai suivi seulement en audio malgré la télévision allumée à quelques mètres de moi. C’est moins intense quand j’entends seulement, je ne juge pas les joueurs sur les actions posées ni sur les gestes manqués.

Finalement, ma déception a encore été plus grande face à l’échec du Ghana, vaincu aux tirs aux buts. J’avais pourtant juré que l’on ne m’y prendrait plus mais…

… et maintenant le Bénin !

A ce moment-là, je me disais qu’il restait encore un voisin du Togo en compétition, le Bénin. Et vous me voyez déjà afficher un sourire en coin. Entre les éperviers et les écureuils, c’est une longue histoire de désamour, qui mériterait bien un autre billet ! Mais le Sénégal l’a emporté 1-0 hier soir face au Bénin…

Résultat, je n’ai pas encore trouvé l’équipe que je dois supporter. Bonne chance aux équipes encore en compétition, en attendant pour moi de décider si je dois suivre le reste des matchs.