Une journée avec les Catalyseurs

Quand on parle de catalyseurs, vous pensez à vos cours de chimie, n’est-ce-pas ? Et bien ce coup-ci, c’est raté !

Ces catalyseurs-ci ne sont pas du monde des sciences, mais un rassemblement de jeunes engagés, venant de divers horizons, vêtus d’une ferme conviction et de la même vision pour le continent africain : le développement de l’Afrique par les africains.

La genèse de l’initiative

Le Catalyseur est une initiative née sous l’impulsion d’un Togolais vivant aux  États-Unis d’Amérique, Richard Homawoo, coach en développement du potentiel humain et de l’entrepreneuriat. Ce dernier a créé un groupe virtuel sur l’application Télégram,  le 26 Octobre 2017 pour partager sa vision positive de l’Afrique. Celle d’optimiser le cœur et l’esprit  de ses frères et sœurs africains en visant différentes cibles :

  • Les enfants (par la littérature, la culture, l’art, les jeux pour le bien-être de l’enfant)
  • Les étudiants ( pour la réussite de leurs études et carrières)
  • Les jeunes entrepreneurs (par l’accompagnement des futurs entrepreneurs sur leurs projets en les confiant aux personnes ressources, pour des conseils et leur trouver dans la mesure du possible des partenaires financiers)

Ainsi donc les deux piliers essentiels du Catalyseur sont le développement personnel et la création d’entreprises.

Le fonctionnement du groupe

L’animation est quasi-permanente dans le groupe qui comprend une demi-douzaine de pays (Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Mali, Niger et Togo) avec plus de 700 membres.  Le Catalyseur a un programme bien défini : conférence-débat sur des thèmes de psychologie, de développement personnel et d’éducation ; promotion de produits locaux ; partage d’idées, de citations de motivations ; discussions.

Chaque jour de la semaine étant réservé à une activité particulière pour éviter l’embouteillage du réseau et la saturation du groupe par les images, les vidéos et autres sujets n’ayant aucun lien avec les objectifs du groupe. Tout contrevenant aux règlements du groupe est soumis à des sanctions qui vont du rappel à l’ordre à l’éviction pure et simple du groupe. Les administrateurs étant très stricts sur ce point.

La rencontre proprement dite

Après plus de 6 mois de discussions virtuelles, les responsables ont initié cette 2e rencontre physique du groupe, (la première rencontre ayant eu lieu en 2017, comme prise de contact). Elle est placée sous le thème « Agir pour Réussir », pour lancer concrètement les activités. Cela a permis aux différents membres du chapitre local togolais qui comprend plus d’une centaine de personnes, de se voir enfin et de mettre sur pieds un bureau exécutif.

Public attentif à une présentation. Crédit photo : Angelo PADABADI

Cette conférence qui a eu lieu le 05 mai 2018 dans la périphérie de Lomé, a vu la participation de près d’une cinquantaine de personnes de milieux différents : des entrepreneurs jeunes pour la plupart, des ingénieurs informaticiens, des professeurs d’université, des étudiants, des coachs, des acteurs culturels, des artistes, bref un parterre hétéroclite de participants.

Ce fut l’occasion de présentations d’exposés sur la genèse du groupe,  de partages d’expériences et de motivations pour l’assemblée présente, ponctués d’intermède animé par un artiste chanteur et un slameur.

Après une séance de campagne et de vote, un bureau exécutif de 8 membres a pu être élu. L’exposition et la vente de pagnes en batik par une jeune entrepreneure de Lomé, Val Batik, a suivi l’élection du bureau.

Photo de famille. Crédit photo : Angelo PADABADI

Pour garder des traces de l’événement, une photo de famille a clôt cette rencontre, riche en expériences et qui lance effectivement les activités des Catalyseurs du Togo. Avec foi, que cette initiative portera effectivement ses fruits grâce à cette vision panafricaniste qu’ont véhiculé les pères des indépendances africaines.

Le Bureau Exécutif élu. Crédit photo : Angelo PADABADI

Ma rencontre avec le diable (II)

La chambre était éclairée par une lumière blafarde. Mes yeux, tout juste remis du supplice du foulard, eurent encore du mal à s’habituer à la pénombre. Je m’avançai avec précaution.

Crédit photo : Pixabay.com
Crédit photo : Pixabay.com
  • Asseyez-vous ! rugit « M. Borsalino »

Il m’indiqua un meuble. A peine me suis-je assise, qu’une lumière drue tomba du plafond sur moi. Je cachai mes yeux avec mes mains. Je les ouvris peu à peu pour m’accommoder à cette illumination.  Mon sens de l’observation prit le dessus.

Mon fauteuil avait un dossier haut et sculpté dans du bois de couleur noir. Je devinai sans peine que ce fut de l’ébène. Les pieds du fauteuil étaient semblables à des pieds de félin et sur les accotoirs étaient posés des feuillets d’or. La sculpture du mobilier était d’une extrême finesse : c’était  le travail d’un artiste.  J’étais sur un trône : la gloire avant la chute…

Toutes ces pensées me permirent de m’évader un moment. Mais mes idées lugubres reprirent vite le dessus. Tout d’un coup, j’entendais des coups répétitifs sur le parquet, semblables à une personne qui marchait avec une canne. Mon imagination fertile me fit penser à Joffrey de Peyrrac (1)  . Ma respiration changea.

« Borsalino » m’avait planté là sans dire un mot. Et je ne savais vraiment à quel saint me vouer. Dans l’antre du diable, c’était bien l’occasion d’invoquer les saints.

Devant moi, se trouvait un rideau en tenture vert. Je le sentais bouger. Je le vis alors s’entrouvrir et laisser place à une forme que je distinguais avec peine.

Une voix très ordinaire avec un accent un peu rauque et caverneuse s’adressa à moi :

  • Soyez la bienvenue, très chère ! je vois que vous êtes déjà bien installée. N’ayez crainte aucun mal ne vous sera fait.

Malgré cette entame qui avait l’air assez honnête, j’étais toujours sur mes gardes.

  • Je n’ai pas peur, monsieur.
  • Si vous le dites, je vous crois.

La personne qui s’adressait à moi était toujours dans la pénombre, éblouie que j’étais par l’ampoule au-dessus de ma tête, je ne voyais pratiquement rien.

Je devinais par le bruit sourd que j’entendais que la personne s’était laissée tomber dans un fauteuil.

  • Ainsi vous êtes décidée à me rencontrer et à découvrir mon secret ? Pourriez-vous avoir le courage de soutenir la vue de mon visage ?

Je retins ma respiration, comme avant de plonger dans l’eau.

  • Monsieur, vous pensiez bien que si je n’en avais pas, je ne serais pas venue.

Mon hôte partit d’un rire.

  • J’avoue bien que je l’apprécie, ce courage. De même que l’honneur que vous me faites en me rendant visite. Approchez !

Je quittai mon siège pour m’avancer vers lui. Soudain une autre ampoule s’alluma au-dessus de nos têtes. Je sursautai et faillis prendre mes jambes à mon cou. Mais mue par une force insoupçonnée, je me retins et me figeai sur place : la personne en face de moi portait un masque en inox. C’était cela qui rendait la voix caverneuse !

  • Pourquoi vous faites-vous appeler ‘Le diable’ ?
  • La nuit est longue mais reprenez-donc votre place pour écouter ma part de l’histoire.

Il reprit son souffle et commença :

Il y a une trentaine d’années, je vivais dans l’un des quartiers défavorisés de cette ville. Un des endroits où l’on ne voudrait vivre pour rien au monde.  Pas d’eau, pas d’électricité, livré à soi-même. A cette époque, âgé d’à peine 17 ans et déjà orphelin, je me suis retrouvé à fréquenter un groupe de jeunes voleurs. De fil en aiguille, de vol en étalage aux petits larcins, je gravis peu à peu les échelons pour devenir chef de gang. Mon influence s’étendait au-delà de mon quartier. La vente de drogue aussi fut intégrée à mon petit royaume.

Nous étions traqués par la police qui nous faisait parfois infiltrer par des espions, qui très souvent étaient découverts. Au cours d’une opération d’échange de marchandises avec un de nos partenaires d’affaire, je fus victime d’un guet-apens. Une explosion habilement planifiée eut raison de quelques uns de mes sbires. Moi j’en échappais mais mon visage fut atteint ainsi que ma gorge, et un de mes membres inférieurs, également touché . Après plusieurs opérations, heureusement, j’eus la vie sauve. Mais je fus complètement transformé et mes cordes vocales ont subi aussi quelques changements.

  • Je vous suis attentivement, mais je ne vois toujours pas l’origine de votre pseudonyme.

Il me répondit :

  • Ce nom de ‘Diable’, je ne l’ai eu que depuis une demi-douzaine d’années, suite aux opérations que j’ai subies. Ma voix est un garde-fou et mon masque me permet de préserver le mystère.

Il actionna un loquet au bas du masque et je pouvais enfin découvrir le vrai visage du diable. J’étouffai un cri. Il méritait bien son nom du diable : la personne en face de moi était d’une beauté sans nom.  N’est-il pas dit que le diable ou l’ange de lumière était d’une beauté extrême ?

Je retrouvai vite mon esprit, pour découvrir avec stupeur, que le diable en fait n’en était pas un. Le Diable était une  femme, le diable était plutôt ‘ La Diablesse’ !!!!

(1) Joffrey de Peyrrac : mari de Angélique, Marquise des Anges, héroïne du film du même nom.

Ma rencontre avec le diable (I)

M’entretenir avec le « diable » : cela faisait des mois que je me préparais à ce rendez-vous. En amont, il y a eu ces multiples coups de téléphone. Ce qui a permis de dénicher les meilleurs contacts qui m’ont ensuite fourni les bons indics.

Ce soir donc, je me suis préparée. Des heures durant, j’ai peaufiné mon plan, pour cet ultime entretien de ma vie. Je ne sais pas encore si je reviendrai en entier de ce périple. Mon indic est venu me chercher. Je me suis habillée sobrement, un pantalon de jean noir, des tennis noirs avec un sweat-shirt à capuche marron. Il faut mettre un peu de couleur, tout de même et ne pas penser que j’allais à des funérailles, peut être les miennes : qui sait ? J’ai attaché mes cheveux en catogan, mis ma casquette fétiche en imprimé militaire et enfourché mes lunettes noires. Mais il faut toujours se préparer au pire. Il m’avait prévenue je ne sortirai pas indemne, de cette rencontre.

Mon indic ne communiquait qu’avec des mots, à double sens,  entrecoupés de  gestes très nets.

  • Madame, je vous prierai de laisser votre téléphone portable. Vous n’en aurez certainement pas besoin. Les morts ne téléphonent pas, lâcha-t-il dans un rictus.

Cette phrase cynique me donna des frissons et un long filet de sueur coula dans mon dos. Je déglutis avec peine.

  • Vous avez encore le temps de changer d’avis.
  • Non, lui répondis-je, j’ai commencé et je dois terminer même si c’est au péril de ma vie.

Nous avions d’abord pris sa voiture, après avoir parcouru quelques kilomètres pour sortir de la ville,  il me confia à un autre de ses comparses qui m’embarqua dans une camionnette sans plaque minéralogique.  Celui-ci prit le relais et nous fit traverser des rues à l’aspect lugubre. Et la pleine lune, ajoutait du mystère à cette soirée. Tous les ingrédients étaient mis en place.

Pleine lune
Pleine lune. Crédit photo : pixabay.com

L’homme avait une tête massive, une barbe mal taillée et des yeux révulsés, signes de jours de fatigue. Une vieille borsalino vissée sur la tête. Quelques mèches de cheveux, poivre et sel s’y échappaient. J’estimais son âge dans la cinquantaine. Il portait une chemise carrelée et un vieux jean maculé de tâches. Sa chemise me fit penser à ces cow-boys texans que je voyais souvent dans les documentaires de la chaîne « National Geographic ». Il avait des mains massives comme des hachoirs prêts à débiter de la viande. Ma chair…. Mon sang ne fit qu’un tour : dans quel guêpier me suis-je encore jetée ? Mais ma soif du sensationnel dominait toute réflexion sensée, comme de l’huile sur de l’eau.  J’étais à la fois animée par la peur et le désir d’assouvir cette curiosité morbide.

Après plus d’une heure de route, nous débarquâmes, dans une usine désaffectée, à peine éclairée. D’après l’odeur d’huile à moteur qui s’en dégageait et les ombres des pneus que ma pupille, peu à peu habituée, au noir commençait à distinguer, j’en conclus que cela devait avoir un lien avec un garage de voitures ou je ne-sais-quoi.

Il arrêta le moteur et se tourna vers moi. Il avait un foulard en soie dans les mains.

  • Tournez-vous, me jeta-t-il à la figure.

Les tout premiers mots qui sortirent de sa bouche depuis mon entrée dans la camionnette. Je m’exécutai sans broncher. Il me banda les yeux.

Maintenant, je ne pouvais compter que sur mon seul sens auditif. Je l’entendis descendre puis venir m’ouvrir la portière. Il  prit ma main. Je pensais bien que c’était le début de  ma descente aux enfers.

La main qui me saisit était calleuse. Avec une forte poigne, il me tira derrière lui comme un ballot mal ficelé. Je risquais de tomber à chaque pas. Mes pieds se prenaient tantôt dans des sacs de plastique, tantôt dans des fils de fer.  Je devinais le bas de mon jeans parsemé  de coupures, je sentais de fines déchirures sur mes jambes. Cette marche dans le labyrinthe de Thésée, dura une période que je n’avais aucun moyen d’estimer.

Nous nous arrêtâmes  soudain, puis mon bandeau me fut arraché des yeux. Je me retrouvais devant une large porte en fer. Mon ‘’compagnon’’ appuya sur un bouton noir situé à gauche de la porte dans une encoignure. Cela enclencha un système qui me fit découvrir un petit panneau latéral qui s’ouvrit pour laisser place à une tablette. Je le vis composer un code.

La porte coulissa dans un grincement de gong. Il me poussa à l’intérieur.

 

Portrait – Salifou, le conducteur de tricycle

Aujourd’hui, nous partons à la découverte du métier de conducteur de tricycle. Connaissez-vous le tricycle ?

C’est un véhicule motorisé qui sert à transporter soit de la marchandise soit des êtres humains. L’usage est plus conseillé en campagne, mais depuis quelques années, la présence de ce véhicule un peu particulier est devenue une réalité à Lomé et ses environs.

Salifou, à bord de son tricycle. Crédit photo : Benedicta

Zémidjan un jour, mais pas pour toujours

L’histoire de Salifou, d’origine nigérienne, a débuté il y a 18 ans, lorsqu’il est arrivé à Lomé. « J’ai d’abord commencé comme zémidjan (conducteur de taxi-moto) . Un métier pas du tout facile, comme vous le savez. » Il ajoute que ce métier apporte la pitance quotidienne mais est éreintant lorsque l’on ne jouit pas d’une santé solide.

Ce n’est qu’en 2017 qu’il a arrêté cette profession par la force des choses. Depuis, Salifou est conducteur de taxi-tricycle.

La journée du conducteur de Keke Napep [1]

Le tricycle, d’origine asiatique, est apparu au début des années 2000 en Afrique de l’ouest, précisément au Nigeria où il est appelé Keke Napep. Ils sont importés ou montés sur place. Au Togo, ils ont moins d’une décennie et sont visibles seulement sur quelques trajets.

Salifou, notre conducteur, la quarantaine, est une personne affable, au regard plein d’espoir. En effet, il me raconte que ce tricycle ne lui appartient pas, ce qui est assez fréquent. « J’ai un patron, à qui je fais des comptes quotidiens, mais j’arrive quand même à tirer mon épingle du jeu. »

Vous pouvez emprunter le taxi de Salifou s’il vous arrive de faire des courses sur le tronçon routier reliant la zone portuaire de Lomé au quartier Agoè Zongo (au nord de Lomé).

Le tarif d’une course se négocie entre 200 et 400 FCFA [2]. Sa recette journalière tourne autour de 10 – 15 mille francs CFA, un peu moins de la moitié est consacrée au carburant. Après y avoir soustrait le loyer quotidien du propriétaire du véhicule, le reste est pour Salifou. Père de famille, avec une épouse et une fille, il doit subvenir aux besoins des siens.

Conduire en toute sérénité

Il arbore un éternel sourire et me dit avec un air satisfait que son véhicule est assuré. Cela est nécessaire mais n’est pas probant pour la grande partie des tricycles. Une assurance-véhicule est sûrement un visa de protection pour les passagers mais aussi contre le harcèlement des policiers.

Ce véhicule peut prendre jusqu’à 6 personnes, le conducteur y compris. Les passagers ne bénéficient d’aucun appui physique, à part une sangle située de part et d’autre du taxi. Il faut la saisir avec la force du poignet. Le passager du milieu est calé par les autres clients. A l’intérieur, ce petit monde est exposé aux effluves et aux senteurs qu’on peut humer, tout le long du parcours. Mais parfois on y jouit d’une réelle brise, ce qui vous donne envie de dormir et de profiter de la vie. D’où l’autre nom de ce moyen de transport inhabituel : Ogborodjayé [3]

Devenir propriétaire : un rêve ?

Ce métier donne à Salifou l’opportunité de faire des économies. Il rêve lui aussi, de pouvoir acquérir un jour, un keke napep, grâce à un programme de subventions que l’Etat togolais a récemment lancé. Mais en attendant, la réalisation de tous ces rêves, Salifou continue ses courses dans son tricycle.

 

 

[1] Keke : mot d’origine yorouba, ethnie du sud Bénin et Nigéria, pour désigner tout véhicule motorisé à deux roues, vélo ou moto / Napep : est le nom d’un programme (National Poverty Eradication Programm), initié en 2002 par le président Olusegun Obasanjo pour endiguer la pauvreté au Nigeria.

[2] 1 Euro = 655,95 XOF (F CFA)

[3] Ogborodjayé : mot d’origine yorouba, ethnie du sud Bénin et Nigéria, Ogboro=pauvre ; djê=manger (sens littéral) ; ayé = la vie : le pauvre qui goûte à la belle vie

 

Je garde donc je suis

Ce week-end, profitant d’un peu d’accalmie dans mon planning, j’ai décidé de faire un peu de ménage dans mon environnement.

Chaque trimestre au moins, je mène cette opération. Je trie tout et je passe partout : cuisine, toilettes, chambres à coucher, vêtements et chaussures, vieux magazines, jouets des enfants, etc…

Mais ce coup-ci, c’est seulement ma chambre que je veux ranger. Je m’attaque en premier à ma garde-robe, je commence par trier les vêtements que je ne porte plus très souvent. C’est durant cette opération qu’il m’est venu l’idée d’écrire un billet sur le sujet, je dirai plutôt le sujet contraire : les personnes qui ne jettent jamais rien.

En faisant des recherches, je découvre que c’est une réelle pathologie : la syllogomanie ou le syndrome de Diogène.

Lieu de vie encombré. Crédit photo : www.syndrome-diogene.fr

Je me souviens, il y a quelques années, avoir regardé un documentaire sur cette tendance à vouloir tout garder et ne rien jeter. J’en riais presque. On en parlait plus comme d’un TOC (Trouble obsessionnel convulsif ) que d’une maladie.

Je constate avec effarement que le problème a évolué en flèche.

Dans nos sociétés très consommatrices, il est facile de devenir ‘accro’. Tout vous incite à acquérir et consommer toujours et encore plus : les publicités à outrance, dans vos mails, à vos portes, sur votre téléphone, partout ! Une vraie « boulimie de possession » : on n’a pas fini d’utiliser les derniers vêtements à la mode qu’une nouvelle tendance apparaît. Et voilà que l’on court l’acheter pour ne pas être en marge.

Au fil des années, on se retrouve avec une montagne d’objets « obsolètes », difficiles à jeter. On les garde alors dans un coin de la maison avec un certain espoir de pouvoir les utiliser un jour. On voue à ces objets un sentiment très fort. Presque comme de l’amour, mais dans une relation de personne à objet.

Mais, mais, mais, (trois fois mais !) comme dans une relation dangereuse, il est nécessaire de faire la sélection dans sa vie comme dans son habitat. Garder les objets qu’on n’utilise pas ou qu’on n’est pas prêt d’utiliser, c’est être matérialiste. Cela vous tire en arrière, vous n’évoluez pas. Il vous est difficile d’avancer, vous restez scotché sur place.

Un seul conseil : débarrassez-vous de tout ce fatras d’objets !  Triez vos habits et offrez-les autour de vous ! Les vieux journaux jetez-les ou donnez-les à des centres de lectures de votre quartier ou aux prisonniers, ça leur fera du divertissement ! Les vieux jouets de vos enfants, offrez les à des centres de loisirs, organisez un vide-grenier, recyclez, recyclez !!!

Après cette grande opération, vous vous sentirez léger. Un bon conseil que je vous donne : faire le tri dans sa maison, c’est comme faire le tri dans ses relations. On se débarrasse des personnes toxiques et de toutes les mauvaises énergies qui les accompagnent. En tout cas, essayez et vous verrez !

Bon ménage à vous !!

Bienvenue dans le monde de la street-food au Togo

Nous voici de plein pied dans la nouvelle année, après le cérémonial  du souhait des vœux (que je vous épargne), je vous invite à partir avec moi à la découverte de quelques bons repas, dont nous nous régalons, ici, au Togo, plus précisément à Lomé, dans la capitale togolaise.

Les personnes qui me connaissent savent qu’après la lecture et l’écriture, mon autre passion est la cuisine, la nourriture, bref tout ce qui a trait à la « bouffe ». Dès que j’ai l’occasion de quitter mon environnement habituel, je ne me prive pas de procurer à mon palais le goût exquis de nouvelles découvertes culinaires.

Trêve de bavardages, goûtons vite au plaisir des mets que l’on trouve dans les rues de Lomé.

Le matin, lorsque l’on ne veut pas prendre de petit déjeuner à la maison, on peut s’offrir les services d’une bonne dame qui vous servira au détour d’une rue, de la bonne bouillie chaude à base de maïs : akassan ou aklui, accompagnées de pain sucré ou salé, beurré, de beignets (botocoin, amimé gateau ou atchonmon) et d’arachides. Sinon, vous pourrez vous contenter d’un bon plat d’ayimolou (riz aux haricots) avec maca, galifoto sans oublier akpanma, wangashi ou du koklozi dada.

Ayimolou servi dans une feuille de bananier / Photo : Anonyme

Vous avez aussi le choix entre le konm avec du poisson frit (kanlami), de la sardine à l’huile, avec le yébésséfionfion, ou alors une baguette de pain avec de la salade et/ou du sandwich. Je n’oublie pas le veyi, ami et gali, la combinaison préférée des maçons. La légende urbaine voudrait que cela vous donne une force digne d’Obélix, pour porter les paquets de ciment …lol

 

Plat de konm, kanlami et yébesséfionfion / Crédit photo : Léa Corinna H.

Vers 10h, ceux qui voudraient bien prendre un en-cas, peuvent se jeter sur du aboda et du ené et/ou de l’arachide, pourquoi pas quelques tranches de été ou amanda mémé, ou simplement du eblifan mémé ou dada si bien sûr, c’est la période.

Blifan mémé et azi dada / Crédit photo : Bénédicta

A midi, c’est le grand rush vers les fufu bar et autres gargottes pour déguster du fufu évidemment, avec toutes les sauces inimaginables : egbondessi, koklodessi, light soup, lanmémédessi, dekoudessi ; du akoumé avec adémè, fetri, lanmoumou, ou du riz blanc  avec du gnifoti. La liste est longue….

Certains se contenteront de boules d’akpan avec kanlami ou de koliko avec l’incontournable maca et adokougbi.

Vers 16h, pour ceux qui aiment le goûter, l’occasion est bonne pour boire de la bouillie de tapioca au lait avec quelques pincées de noix de muscade, ou du coco avec gaou, ou simplement quelques morceaux de agbélikanklo et des arachides.

Pour finir la soirée, un tour à la cafétéria du quartier chez le  « Diallo » du coin pour prendre un bon plat de spagho (spagnetti) à la viande de bœuf, avec une tasse de déguè ou du couscous au yaourt.

Une belle journée qui prend ainsi fin, avec toujours le désir de regoûter et de savourer tous ces plats originaux !

Et vous, quel est votre street food préféré ?

 

**Petit lexique de la street food togolaise 

Akassan, aklui : différentes bouillies à base de maïs

Botocoin : beignets frit dans l’huile à base de farine de blé

Atchonmon : petits biscuits frits dans l’huile à base de farine de blé

Maca : diminutif pour désigner macaroni, type de pâtes alimentaires

Gali : farine de manioc

Galifoto : farine de manioc mélangée à de l’eau et un peu de sauce pour la rendre onctueuse

Akpanma : peau de boeuf ramolli dans de l’eau

Wangashi : fromage de lait de bœuf, frit ou nature

Koklozi : œuf de poule bouilli dada

Konm : pâte de maïs emballé dans des feuilles de maïs

Kanlami : poisson frit

Yébésséfiofion : piment rouge réduit en poudre, cuit avec un assortiment d’épices et d’anchois fumés. Le goût est particulier à chaque vendeuse d’ayimolou ou de konm

Veyi, ami et gali : du haricot bouilli avec de l’huile frit avec des oignons et de la farine de manioc

Aboda : grains de maïs bouilli

Ené : noix de coco / poupou : sec

Eté mémé : igname grillé

Amanda mémé : banane plantain grillé

Eblifan mémé ou dada : maïs grillé ou bouilli

Fufu : igname pilé

Dessi : sauce

Egbondessi, koklodessi, xolandessi : sauce de bœuf, de poulet ou d’agouti (aulacodes)

Lanmémédessi : sauce de poisson fumé

Dekoudessi : sauce de graine de palme

Akoumé : pâte de maïs

Adémè dessi : sauce de corette du jardin à l’huile rouge

Fetridessi : sauce de gombo

Lanmoumoudessi : sauce de poisson frais

Gnifotidessi : sauce de pattes de boeuf

Akpan : pâte de maïs, emballé dans des feuilles de bananiers

Koliko : frites d’igname

Adokougbi : croupion de dinde

Coco : bouillie de mil

Gaou : beignet de haricot, épicé

Agbélikanklo : beignet de manioc

Dèguè : yaourt au petit mil, spécialité des pays du sahel

 

Portrait – Dans le jardin de Pascal

A la vue de belles fleurs ou plantes, de jardins et des espaces verts bien entretenus nous éprouvons souvent des sentiments particuliers : joie, bonheur, paix… Pourtant pour arriver à ces belles vues et à ces beaux résultats, il faut un travail en amont, celui du jardinage. Ceux qui pratiquent cette activité sont appelés jardiniers ou paysagistes, pour faire plus classe…lol. Aujourd’hui, nous allons à la rencontre de l’un d’entre eux : Pascal.

Des débuts pas toujours « verts » 

Cheveux grisonnants, la cinquantaine dépassée, Pascal m’accueille dans son « bureau » : un grand espace vert, les jardins des bureaux du secrétariat général de l’Union Chrétienne des Jeunes Gens/Young Men Christian Association (UCJG/YMCA) de Lomé. «  Ici, c’est mon paradis. J’y passe toutes mes journées « . De nature très calme, Pascal nous raconte les débuts de sa carrière. Issu d’une famille modeste, il n’avait pas eu tous les moyens pour effectuer ses études dans des conditions adéquates. Après un échec au Brevet d’Etudes du Premier Degré (BEPC), il décide de surseoir à ses études et de se tourner vers l’apprentissage d’un métier.

Pascal, le jardinier. Crédit Photo : Bénédicta

Sur la route du métier

Sur recommandation de sa sœur aînée, il débute le métier de jardinier chez un ami de la famille. Cet homme possédait un grand jardin, dans sa maison – et avait les fleurs pour violon d’Ingres- dans l’un des vieux quartiers de Lomé : Amoutivé. L’apprentissage de Pascal dure quatre années. C’est au cours de cette période, qu’il acquiert la passion et l’amour de ce métier si délicat. Les bonnes méthodes de reproduction et d’entretien des plantes : le bouturage, le semis, le greffage, … Les différents noms des plantes, leurs vertus médicinales, les bonnes saisons de reproduction et quelques petits secrets, qu’il a bien voulu partager avec moi. Pour Pascal, aucune plante n’est mauvaise. C’est parce que ses vertus et ses propriétés ne sont pas connues que le commun des mortels pense qu’elles ne sont pas utiles. Après avoir bien maîtrisé, les ficelles du métier et fort de son expérience, il décroche un poste de jardinier dans une société d’exploitation maritime du pays. Au bout de quelques années d’exercice, Pascal est mis au chômage technique suite à la faillite de son employeur. Retour à la case départ.

Renouveau sous les cieux

Pascal se retrouve sans emploi mais grâce à ses anciennes relations professionnelles, il décroche quelques petits boulots de jardinage chez les particuliers. De fil en aiguille, il est recruté par l’UCJG pour être leur jardinier. Et c’est depuis 1995 qu’il est le maître des jardins, du centre. Son autre dada, est l’entretien d’un petit carré d’une plante particulière, qui à première vue ressemble à un ‘jardin bien entretenu de mauvaises herbes’. Mais à ma grande surprise Pascal m’informe que je suis en face d’un jardin d’asters blanches   » Les asters blanches ont cette particularité de mettre en exergue les autres fleurs d’un bouquet « , m’apprend Pascal. Ainsi certains fleuristes du marché des fleurs d’Assiganmé (Grand marché de Lomé), lui font parfois appel lorsqu’ils sont en rupture de stock.

Plants d’asters blanches. Crédit photo : Bénédicta

Quel héritage pour la postérité ?

A la question de savoir, ce qu’il fera à sa retraite, il me répond :  « Je ne pourrai jamais m’arrêter de m’occuper des plantes et des fleurs ». Puis il ajoute :  « Le secret de cette profession : c’est d’avoir l’amour des plantes. Hormis cela on trouvera ce métier juste comme un gagne-pain, alors qu’il regorge de beaucoup de plaisir et de bien-être ». Il déplore également que ce métier ne soit pas valorisé et promu auprès des jeunes. A l’instar de son jeune fils qui a choisi de ne pas faire comme son père et a préféré se tourner vers le football. Néanmoins, Pascal est prêt à initier à ce métier toute personne intéressée et disponible. Il pense que ce serait égoïste de ne pas transmettre tout ce qu’il connaît.

Je suis citoyenne de la République de Blog’Art

L’Homme est un être social, et sa vie en communauté le démontre. La vie en communauté est une nécessité pour son équilibre physique, psychologique, mental, mais certains peuvent vivre en ermite. Avec l’avènement des TIC, des communautés virtuelles sont apparues. Un constat est fait : il est rare de trouver actuellement un individu qui n’appartienne à aucune communauté virtuelle. Je ne déroge pas à la ‘règle’ : moi, je suis citoyenne de la République de Blog’Art, sur Whatsapp.

C’est au gré de mes vadrouilles sur la toile que j’ai découvert le blog d’Ecclésiate Deudjui :  en septembre 2015. De fil en aiguille, il m’a introduit dans le groupe Blog’Art, sur Whatsapp ou plutôt dans la République de Blog’Art.

Ma nouvelle vie de citoyenne

Au début, je lisais les posts publiés, je téléchargeais les liens et vidéos mais je  n’intervenais pas. On appelle cela ‘être en sous-marin’…lol. Certains pensaient que je n’étais qu’une « espionne ».  Beaucoup ne savaient pas que je suis une mondoblogueuse de la saison 2013 mais je n’ai publié qu’un seul billet, qui a disparu avec le changement de thème de mon blog.  Cette « flemmardise » de publication, était le résultat d’un changement intervenu dans ma vie, qui m’a fait prendre un certain  recul.

La route vers la reprise en mains de mon blog fut la rencontre fortuite, d’un autre mondoblogueur qui m’a encouragé à republier. Puis une mauvaise blague, d’un autre mondoblogueur m’a sorti de mes gongs, et je lui dis merci. Finalement, en octobre 2016, j’ai republié un nouveau premier billet.

Le quotidien des ‘Blog’Artlais’

Blog’Art est organisé comme une vraie république bananière, avec un gouvernement :

  • il y a un président : Ecclesiaste 
  • une première dame : Christine
  • un premier ministre Emile et sa moitié Samantha
  • deux ministres des TICS : Atome  (Gestion de la robotique)  et Lucrèce : Gestion de la communauté geek) vous conviendrez avec moi que c’est un vaste domaine
  • un ministre de la bière des loisirs  : Fotso
  • une ministre du sport, férue de cyclisme  : Alexandra aka Lexy
  • un ministre de la santé Laurier
  • un ministre du 8e art, spécialité mangas Annadjib
  • un ministre de la culture spécialité poèmes Guillaume
  • un ministre du panafricanisme Renaud
  • un ministre des transports, globe trotter Roger
  • un ministre de l’environnement Aristides
  • un ministre de la linguistique et des statistiques (c’est quoi ce cumul de postes ?) Fabrice
  • un ministre de la diaspora Benjamin
  • beaucoup de ministres de la communication, délégués à diverses fonctions ce qui crée parfois de la confusion dans le mécanisme de propagande de la république : Didier, Alain Amrah, Dania , Salma, Ulrich , Thierry  sans oublier Guy (avec sa fameuse valise, que je n’ai jamais vu d’ailleurs…lol)
  • beaucoup de ‘sous-marins’ aussi …

Et donc, nos journées sont ponctuées de publications de liens des billets des divers citoyens, du partage de vidéos et d’audios. Parfois des décrets tombent sans qu’il n’y ait eu de conseils des ministres, du seul vouloir du Premier Ministre, à l’insu du plein gré du président. Ce dernier est mis devant le fait accompli…lol

 

Capture d’écran d’un décret Blog’Artlais, Crédit Photo : Bénédicta

De temps à temps, des débats résultant de l’actualité ou de la publication de billets, soulèvent de forts remous dans la république. Ces débats suscitent parfois des velléités de coup d’état. Mais le calme revient très vite grâce à la diplomatie du Premier Ministre, Emile. Et cela finit après avec la promesse d’un casier virtuel de bières (blonde ou brune).

Quel avenir pour la République ?

Il fait bon vivre en République de Blog’Art car on peut y pousser ses coups de gueule comme ses coups de cœur. Blog’Art est aussi une grande famille où les anniversaires sont fêtés en grande pompe. Peut-être que cela n’est qu’une façade ? Aussitôt la nationalité Blog’Artlaise obtenue, on ne peut ni y renoncer ni la quitter sans une dérogation spéciale. Le président vous y ramène sans demander votre avis…lol

Ce petit monde bien que virtuel, n’est pas du tout facile à conduire. Mon président bien-aimé, ne me dira point le contraire. Mais s’étant octroyé ce poste de président de droit, un référendum devrait être organisé pour conforter Ecclesiaste  au poste de président.

Qu’en pensez-vous chers Blog’Artriotes ?

 

 

La lecture : ce sublime vice

Crédit Photo : www.pixabay.com

Pour moi, la lecture est un organe (vital, je peux dire) et bien plus qu’un loisir.  Je ne pourrai passer une journée sans lire, ce serait comme si je m’arrêtais de respirer, ce qui est quasi impossible.
De mes débuts
Ma mère me raconte souvent que j’ai réclamé d’aller à l’école, dès que j’ai su qu’il y avait un lieu tel quel, que je savais écrire avant d’y avoir mis les pieds. De cela, je ne me souviens guère. Mais ce dont je me rappelle, c’était ma manie de me cacher dans les toilettes avec un livre ou un magazine dès que j’ai su déchiffrer les 26 fameuses lettres de l’alphabet. Pour moi, c’était l’endroit idéal où je pouvais me réfugier et savourer les aventures de mes héros.
De la lecture quotidienne de la Bible en images, à la découverte des premiers mots de mon syllabaire « Mamadou et Bineta », en passant par les fameux mes « Premiers », « Deuxième » jusqu’au « Sixième livres de lectures » de l’enseignement du premier degré au Togo, cet univers n’était que pure délice pour moi. Dès l’achat des fournitures scolaires, je réclamais mes livres de lectures pour en dévorer toutes les pages et me familiariser avec tous ces personnages que j’allais côtoyer tout le long de cette année scolaire.
De l’insinuation du vice en moi
Au collège, ma plus grande peur était de rentrer au terme de ma journée sans avoir emprunté un seul livre à la bibliothèque ou auprès de mes amis. J’avais toujours quelque chose sous la main : un magazine, un journal, … il fallait que j’aie coûte que coûte quelque chose à lire sinon j’étais déboussolée. Je n’étais pas une grande fanatique des romans de la collection Harlequin. Je me moquais, d’ailleurs souvent, de mes amies qui en raffolaient. A cette époque, je les trouvais insipides puisque c’étaient souvent la même trame, lol… et puisque je n’avais pas encore d’amoureux à quoi bon gaspiller mon temps et mes méninges à en créer un dans mes rêveries ?
Je préférais consacrer mon temps à lire des romans policiers, d’aventures et autres. C’est à cette époque que j’ai fait la découverte de Danielle Steel, R.L. Stevenson, Guy des Cars, Mary Higgins Clark, Stephen King, Isaïe Bithon Coulibaly, Sam J. Obianim et autres, grâce à mon inscription à la bibliothèque du Centre Culturel Français, haut lieu de la culture, que je fréquentais assidûment.
A l’heure de l’extinction des feux, je m’endormais souvent avec une torche sous ma couverture pour terminer ce que j’avais commencé à lire. Il fallait absolument voir le dénouement du roman entamé.
De nos jours
Avec l’apparition des technologies de l’information, bon nombre ont pensé que les livres (du moins le format papier) allaient disparaître au profit de la télé et de l’internet, à mon avis, ils ont simplement pris une autre forme. Actuellement, une grande possibilité est offerte aux férues de lecture de diversifier leur monde. Les moyens pour y avoir accès sont multiples (téléchargement gratuit, abonnement en ligne, achat,…) ainsi que les supports (les tablettes de lectures, les smartphones, …).
Internet offre un foisonnement d’informations. Pour y avoir accès, il faut lire. Beaucoup de personnes disent qu’ils n’aiment pas lire. Lorsque j’entends cela, j’ai un rire en coin : tous les posts ‘likés’, les informations ‘twittées’, les photos ‘instagrammés’, les ragots ‘whatsappés’ , ne faut-il pas les lire et les comprendre avant de les partager ? Même si ce ne sont que quelques mots, à mon avis c’est de la lecture. Oui de la lecture même si c’est sous un autre aspect plus restreint.
Si la lecture est un vice, pour moi c’est le meilleur et je ne peux m’en passer !

Togo –Environnement : Lomé dans l’eau

Nous ne sommes qu’au début de la mousson ou saison pluvieuse mais certains togolais ont déjà les pieds dans l’eau : l’inondation n’est pas loin.

Ce long week-end de la Pentecôte, était parti pour être un moment de repos et de détente pour plusieurs d’entre nous, avec la descente de l’Esprit Saint pour les chrétiens. Il a été plutôt une descente aux enfers pour nombre de mes concitoyens.

Tout a commencé, très tôt dans la matinée du 03 juin 2017, avec une pluie fine qui s’est peu à peu transformée en vrai déluge. Cette pluie a duré toute la sainte journée : les dernières gouttes touchèrent le sol vers 18 h. C’était suffisant pour transformer certains quartiers de Lomé en lacs et en lagunes, certains carrefours en vrais chemins de croix (bien que Pâques soit passé depuis) pour les usagers. Belote le dimanche, rebelote le lundi matin. Bref, on est en saison pluvieuse…lol

Chaque année, c’est le sempiternel refrain, la même rengaine : les autorités volent à toute vitesse au secours de mes concitoyens en les aidant à expulser les eaux de leurs habitations, en évacuant certains togolais par des canots pneumatiques vers des endroits plus ou moins sûrs, en leur distribuant quelques vivres et non-vivres, et … « à l’année pro », comme dirait quelqu’un.

Il n’y a pas encore de solutions pérennes pour un système viable d’évacuation des eaux (de pluie) au Togo : encore du chemin à faire pour nos gouvernants.

En tout cas, je constate. Que Dieu veille  !

Rue envahie par les eaux de pluie – Akodessewa . Photo : Bénédicta

Petits bouts de rien qui font toutes nos vies !