Portrait – La vie en batik avec Valery

Si je vous dis couleur, teinture et cire ? Vous pensez à quoi ? Je vous le donne en mille : le batik. Et oui ! Allons à la découverte de cette technique de teinture de tissu et surtout de ceux qui en ont fait un métier, pas trop commun.

On la retrouve parmi ses bassines, seaux et pots de teinture ainsi que des mètres de tissu en coton. Elle, c’est Valery, la trentaine, mère de famille. Avec sa marque ValBatik qui fait ses premiers pas, elle nous raconte l’origine de cette passion pour l’art et surtout le dessin qui l’ont conduit sur cette voie.

Une passion devenue un métier

En pleine séance de teinture. Source : Benedicta H.

« Très petite, j’étais intéressée par le dessin et la couture. Je m’exerçais sur la machine à coudre de ma mère et je dessinais aussi. Après ma maîtrise en Histoire Contemporaine à l’Université de Lomé, voguant de stage en stage, je me cherchais sans trouver mon chemin. Grâce au dessin et par des amis, je suis devenue membre de l’ASTAP[1]. Cela m’a permis de côtoyer des personnes formidables et de découvrir des nouveaux domaines du dessin dont le batik. Impressionnée par cette technique, j’ai décidé de l’apprendre et d’en faire un métier. Je me suis donc dirigée vers les artisans du village artisanal de Lomé pour être formée et avoir les ficelles du métier. » Une formation qui a  duré deux années, nous précise-t-elle.

Batik, un monde de couleurs et de courage

Le batik est une technique artisanale de décoration de tissus d’origine javanaise. Elle  consiste à teindre des tissus grâce à de la cire.

A la question de savoir, les qualités pour exercer ce métier, elle répond sans hésiter : la passion. Elle nous confie que le métier est plein de découvertes surtout au moment du mélange des couleurs  et de la confection des motifs.

Palettes de couleur. Source : ValBatik

Faire du batik, est aussi  synonyme d’endurance. Pour confectionner seulement 5 mètres de tissu, le minimum est 2 jours . Il faut d’abord concevoir le modèle à reproduire sur le tissu. Ensuite l’imprimer dessus à l’aide de la cire.  Puis vient l’étape du mélange des couleurs et la teinture du tissu. Et après le séchage .  Le rinçage à l’eau chaude ou au pétrole est l’étape suivante. Un deuxième séchage suit et enfin le repassage.

Notre question sur l’origine des motifs a reçu cette réponse : « Certains motifs sont déjà conçus en bois, d’autres me viennent sur le coup si je suis inspirée, j’essaye aussi d’autres que j’ai vu sur internet et que j’ai envie d’essayer. Parfois des erreurs de mélange deviennent de vrais chefs d’œuvre. Et c’est toujours une agréable surprise de découvrir le résultat. »

Dans son catalogue de fabrication  à part les pagnes, elle nous montre une variété de produits qu’elle conçoit de A à Z : des rideaux, des sets de tables, des tabliers, des taies d’oreiller. Finalement, Valery a aussi pris des cours de couture et elle coud elle-même tout ce qu’elle conçoit.

Rideaux et sets de table. Source : ValBatik

On peut ajouter qu’elle est une artiste complète car elle peint également des tableaux  en batik, mais aussi des t-shirts qu’elle achète et teint pour le bonheur de ses clients.

Que réserve l’avenir ?

Le projet de Valery, est de faire de sa marque, ValBatik une marque connue dans le domaine de l’habillement et du linge de maison au Togo, dans la sous-région et pourquoi pas dans le monde. Et de sortir dans quelques années, une ligne de vêtements pour hommes, femmes et enfants, avec la création d’emplois.  En attendant, elle développe un nouveau créneau, des écharpes en bi-matière : de la laine et du coton, soit en batik, soit en wax. « Nous savons tous  que le wax a pour origine le batik[2] indonésien », nous précise-t-elle.

Assortiment d’écharpes. Source : Valbatik

« Le batik est un domaine sans fin qui n’a pas fini d’être exploité, nous sommes 7 milliards sur la terre, et tout le monde a au moins chez lui quelque chose en tissu », nous confie Valery avec le sourire. Une phrase pleine d’avenir et d’espoir, pour cette jeune marque. Bon vent à elle !

ValBatik Source : ValBatik

[1]ASTAP (Association Togolaise des Artistes Peintres)

[2]La technique du batik importée dans le monde par les hollandais, est l’ancêtre du tissu wax. Le wax signifie cire en anglais.

 

20 réflexions sur « Portrait – La vie en batik avec Valery »

  1. J’ai toujours aimé le batik, ce savant mélange entre couleurs, teintures sur pagnes avec des motifs assez originaux. Je suis admirative devant cette histoire de Valery qui n’a pas hésité à s’aventurer dans ce domaine malgré un diplôme universitaire. Une raison supplémentaire de la feliciter pour le travail qu’elle fait d’ailleurs par passion et souhaiter bonne chance à la jeune entreprise ValBatik. Par ailleurs, beau billet comme d’habitude.

  2. Bravo Val ,tu fais un bn boulôt …une vraie passion devenue tn metier continue seulement…la force de l’Esprit Saint t’éclaire plus à ns faire part de tes nouvelles creativités ..

  3. En tout cas je suis heureuse pour toi ma Valery!!! Je suis commatrice de tes produits et je suis parfaitement satisfaite! Beaucoup de courage et de perseverance! En avant ValBatik!!

  4. je savais que t’étais dans le domaine mais j’ignorais que c’était ta passion. ton histoire que je viens de lire me rend admiratif et multiplie le respect que j’ai pour toi en tant que FEMME. beaucoup de courage valery, je fais désormais partie de tes clients.

  5. Merci Benedicta pour tout ce que tu fais. Par ce portrait bien dressé on a pu découvrir qu’ il existe à Lomé une si talentueuse artiste : Valéry. « Well done ! Bene ».
    Félicitations à Valéry qui a vite compris qu’il n y a pas de métier négligeable dans la vie. Tous les métiers se valent lorsqu’il y a la volonté. Et n’oublions surtout pas que  » chaque travail bien fait mérite toujours une récompense »…
    Souhaitons plein succès à Valéry.

  6. Je lui connaissais la passion de la couture et de la lecture quand nous étions encore sur les bancs. Je me rappelle que parmi nous à l’école, il y en avait qui profitait bien de ces bouquins. Je viens de découvrir sa passion pour le textile mais cela ne m’étonne pas vraiment, toujours « bosseuse » notre Séta. J’en suis fière ! She is a #BossLady

  7. Je suis fan aussi. La maison Dior a travaillé sur le wax il y a pas longtemps d’après ce que j’ai vu dans un reportage de france 24 et oh surprise, ils ont effectivement expliqué que le wax était à l’origine popularisé par les hollandais qui eux même l’avaient eu en asie.
    Je crois que je vais m’abonner à valbatik boutique et venir faire du shopping (c’est lamentable je parle comme une nana là, tous les mecs auraient un coté féminin ? ça sent le gay ou le gué, bref) et donner un peu de couleur à ma vie morose, qui sait une nana pourrait craquer pour moi avec des mots roses.

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